Jump to content

renedelaq

Membres
  • Posts

    540
  • Joined

  • Last visited

About renedelaq

  • Birthday 05/05/1987

Previous Fields

  • Univers
    Orion [A4R], Sateda [F-T], u13 [-DBZ-], Midgard [-Y-]
  • MP autorisés
    On

Contact Methods

  • Website URL
    http://
  • ICQ
    0

Profile Information

  • Genre
    Homme
  • Localisation
    Lyon et dans tes capteurs !!!

Recent Profile Visitors

31262 profile views

renedelaq's Achievements

Coalisé

Coalisé (9/11)

  1. http://img11.hostingpics.net/pics/823540RENEchapitre13.png ~ La décision de Délubronne ~ Qu'il en soit ainsi... De batailles en affrontements, de destructions en massacres, la guerre fait rage depuis plus de 40 années. Quarante années d’un conflit sans vainqueur, d’une opposition âpre et d’une influence globalisée. On conçoit maintenant fort bien le fait qu’une civilisation éprouve toutes les peines du monde à retenir et à transmettre tous les enseignements de son passé, glorieux ou désastreux. Les millénaires nécessaires à la construction de la Coalition sous sa forme moderne n’ont plus la moindre importance en ces jours troublés. Les images traumatiques de la Guerre des Hydres n’en ont pas plus. Dieu sait pourtant que ce sont des symboles très forts de l’Histoire, fondateurs et salvateurs. Malgré le combat acharné de quelques-uns pour ne pas livrer l’univers en pâture à la sauvagerie et aux armes, rien n’y fait. Et d’ailleurs il est trop tard dorénavant. Des millions de morts, des destructions massives d’installations, d’équipements, de vaisseaux et de villes. Aucune personne encore saine d’esprit ne pourrait imaginer que tous ces évènements peuvent être oubliés. Avec toute la bonne volonté dont ils font preuve, même les plus fervent partisans de la paix ont senti le vent tourner depuis bien des années déjà. Jamais ne seront pardonnées les invasions sauvages de Xercès, les exécutions de Qeros et autres accidents tragiques de cette période empruntée. Sans oublier la dévastation des batailles d’Arkos et le chaos de Gévaliane. Les affrontements sont allés bien trop loin pour qu’il soit encore possible de rebrousser chemin, tout simplement. Mais, soyons réalistes ; mettons-nous à la place des familles, aussi bien coalisées que croisées, qui ont perdu un proche, leur maison, ou leur vie. Comment réagiriez-vous si, après tant de chocs, on vous demandait du jour au lendemain de mettre de côté votre rancœur et d’accepter le retour dans votre vie de ceux qui vous ont confisqué ce que vous aimiez et chérissiez ? Je pense que vous seriez tous comme moi, avide de vengeance et de justice. De ce seul fait, on se rend compte à quel point notre éducation et nos valeurs ne sont que des artifices fragiles. En un revers de main, on peut s’en débarrasser et rendre à nos cœurs la violence et la sauvagerie de nos instants primitifs. C’est ce côté animal qui est sans nul doute à l’origine à la fois de notre plus grande force, et de notre principal faiblesse. La prospérité ne tient finalement pas grand-chose. Cela nous confère une force de conviction sans égale, un acharnement sans mesure, mais également un côté très noir que nous refoulons le plus possible. C’est tout aussi valable pour les Galéniens, les Dénériens et les Korros. Les Sells pensent et agissent différemment et les Séléris préfèrent se tenir à l’écart. Les temps sont durs, l’avenir, incertain. Même si depuis quelques temps la guerre est plus stratégique qu’active, il faut bien reconnaître qu’il ne faudrait qu’un petit rien pour embraser les cieux. La situation n’est pas tout à fait désespérée mais les positions sont claires. Enfin, d’un côté au moins. Le discours tenu par Pire’ego à la fin de 5783 en a été l’un des symboles les plus forts. Il a clairement annoncé qu’il était hors de question d’abdiquer aussi simplement. Force est de reconnaître que le nombre d’issues à ce conflit diminue de jours en jours. Les Coalisés comprennent peu à peu qu’il n’y aura pas d’autre fin que la victoire ou la mort. De deux chose l’une. Soit les combats en cours et à venir permettent aux Coalisés de prendre l’ascendant, soit la domination des croisés s’installera, et ce à priori de manière durable. Mais la réconciliation tant espérée pendant des années n’aura pas lieu. Les Croisés de leur côté ont toujours leur optimisme avec eux. Bien plus que les Coalisés, ils ont la conviction profonde que leur idéologie prendra le pas. Malgré toute la persuasion dont on fait preuve leurs porte-paroles successifs, jamais les Croisés n’ont réussi à rallier des planètes à leur cause après le schisme initial. Ni la violence, ni le sang, ni l’horreur des combats, et encore moins leur philosophie, n’ont réussi à ébranler la Coalition, ne serait-ce qu’une seconde. Mais le sénat Croisé devient las de ces affrontements. Les plus grandes figures Croisées commencent à s’agacer en voyant l’enlisement de la guerre. Ils espéraient tous obtenir une victoire prompte et décisive dans les premières années de la guerre. Au départ, il ne souhaitait pas une victoire militaire, mais simplement un ralliement massif à leurs idéaux pour que la Coalition sous son ancienne forme prenne fin et laisse la place à un nouvel ordre plus dynamique. C’est presque toujours comme ça que se déroulent les guerres. On se dit d’abord que ce ne sont que de petites rixes sans envergure. Puis l’acharnement s’installe. Et on se convainc rapidement qu’il n’y a pas d’autres victoires que la victoire totale, l’annihilation. A un certain stade, même la capitulation ne pourrait pas assouvir la folie vengeresse qui s’empare des belligérants. Seul une observation extérieure permet d’aboutir à ce raisonnement car les personnes impliquées dans tant de haine ne sont même plus capables de se rendre compte de ce qu’ils font. Ils ont raison, l’ennemi a tort. C’est ainsi, pas autrement. Croisés autant que Coalisés sont maintenant allés bien trop loin pour pouvoir garder la raison et la lucidité nécessaire à régler les différends qui les opposent depuis tant d’années. Tous sentent venir la fin. Chacun de son hublot bien sûr. Mais il va sans dire que ça n’arrivera pas sans douleurs... On est aujourd’hui en 5800. Le conflit stagne maintenant depuis bien des années. Vingt ans se sont écoulés depuis la bataille de Gévaliane, bien plus encore depuis la dernière grande victoire coalisée. Bien que le sénat de la Coalition ait répété son engagement envers la victoire au cours des derniers mois, aucune décision n‘a réellement confirmé cette volonté. Même chose du côté Croisé d’ailleurs. On se contente d’un mot, d’une phrase ou d’un discours rappelant que la guerre est présente. Mais rien d’autre ne se passe. La Coalition est toujours rythmée par l’enchaînement des séances extraordinaires du sénat, même si ce qu’il s’y passe depuis quelques temps est d’une banalité affligeante. Ce sont toujours les mêmes personnages, les mêmes discussions et les mêmes espoirs. On pourrait presque en dire autant côté croisé. C’est une guerre étrange qui se joue. Dans cette guerre-là, ce ne sont plus les vaisseaux ou les canons qui font la loi, mais le renseignement. Plus encore qu’auparavant même si on sait bien que la plupart des grands évènements du conflit reposent sur les services de renseignement des deux camps. Pourtant, l’entrée dans le 59ème siècle va tout changer. L’année 5800 marque un tournant dans l’Histoire. Pour la première fois depuis longtemps, le sénat Croisé au grand complet a décidé de la tenue d’un grand sommet sur la capitale croisée, Délubrone. Au cours de ce sommet qui doit se tenir durant une semaine, il est prévu d’aborder l’avenir. Autant les sommets du Sénat coalisé ne sont jamais secrets, autant ceux organisé sur Délubrone ne sont jamais découverts. La différence demeure dans l’efficacité des services de renseignements de chaque camp. Les agents secrets coalisés ne sont pas efficaces et manquent de flair. Ce n’est pas le cas de leurs homologues croisés qui parviennent, eux, à récolter des informations, parfois même jusqu’à des détails surprenant. Les Croisés sont conscients de l’avantage qu’ils ont dans ce domaine et Taronas, Directeur des renseignements croisés, est le mieux placé pour ça. Quelques-uns des plus hauts dignitaires Croisés, Taronas compris, ont la conviction que si le conflit reprenait à une intensité élevée, cet avantage stratégique leur permettrait de faire basculer les batailles aussi sûrement que brûlent les étoiles. Les sujets à l’ordre du jour de ce sommet, inédit côté croisé, est même resté secret jusqu’à son ouverture, de sorte que personne n’eut pu divulguer l’information. Plusieurs hauts responsables sont attendus à la tribune, dont Aktus Taronas évidemment, mais aussi le Commandant Arslan. D’autres personnalités moins en vue prendront aussi la parole pour étoffer les discussions qui seront menées dans l’enceinte dirigeante de Délubrone. Des rumeurs ont parcouru la population durant les quelques semaines précédant le sommet, mais comme aucune confirmation n’est arrivée, tous ces ragots se sont éteints aussi rapidement qu’ils sont apparus. Nous sommes au début du printemps. Le soleil se lève aux premières heures du jour, sous le regard admiratif de Taronas. Il prend quelques minutes de quiétude du haut de son balcon, à l’approche de la journée qui s’annonce. Personne ne le sait encore, mais c’est de lui que viendront les décisions qui seront prises. Malgré la représentativité électorale, Taronas est devenu très influent depuis sa prise de fonction et il faut bien avouer qu’il pourrait commander à lui-seul l’ensemble du territoire croisé. C’est une heure plus tard à peine qu’on retrouve Taronas sur le parvis de l’assemblée de Délubrone, quelques minutes avant le lancement officiel du sommet. A son arrivée, il salue Arslan et son assistant Pirios. A vrai dire, Taronas ne sait probablement pas qui est ce Pirios. Peu de monde le sait. C’est l’officier de communication en chef du vaisseau amiral d’Arslan. Il lui est fidèle depuis des années, depuis sa prise de fonction en fait. Il a participé à toutes les batailles, toutes les opérations d’envergures depuis près de 50 ans. D’autres personnes les rejoignent. Ils discutent et plaisantent ensemble. L’atmosphère est très détendue en apparence et il semble que tous soient sûrs de leurs faits, de leurs forces et de leurs convictions. Il semble que les enjeux des débats à venir n’aient qu’un impact limité sur les humeurs de chacun alors même que c’est l’avenir qui est en question. Les sénateurs Hygrans et Fri’ida se joignent également à cette discussion légère ou il est étrangement question de la météo et de la rencontre de freeball de la veille. A l’instar des écoles d’antan, une sonnerie finit par retentir et le brouhaha s’estompa instantanément. Taronas et Arslan échangent un dernier regard avant d’entrer dans l’assemblée, lourd de sens. S’il avait été traduit en mots, on aurait pu y lire : « C’est maintenant que va se décider ce qu’il adviendra demain, reste à savoir lequel de nous deux aura raison ». La réunion à venir n’a pas pour objectif de définir si la croisade entamée il y a des années doit prendre fin, mais plutôt pour déterminer les actions à engager pour prendre un avantage ferme et définitif. Une fois tout le monde installé, c’est Arslan qui prit la parole le premier devant les représentants croisés, et en holodiffusion à travers tout le territoire. Ces récentes victoires militaires lui ont donné un poids non négligeable face à l’opinion publique d’abord, mais aussi face aux sénateurs : « Sénateurs et Sénatrices, partisans de notre mouvement depuis ses premières heures, Voici maintenant plusieurs années que nous nous opposons belliqueusement à la Grande Coalition. Nos idéaux n’ont pas variés d’un iota depuis notre scission alors même qu’à cette époque, nous ne pensions pas mener autre chose qu’une guerre idéologique, diplomatique et politique. Même face à l’ignorance, face à la négligence et au mépris, nous n’avions jamais envisagé la guerre comme une issue réaliste. Cependant, nous tous ici présent savons comment les choses ont évolué. N’oublions pas que cette guerre, c’est la Coalition qui l’a engagé en se risquant à des missions inconsidérées d’espionnage. L’espionnage est comme l’odeur humide de l’air avant une grosse averse. C’est un signe annonciateur de ce qu’il va se produire. Nous n’avions pas d’autre alternative que de prendre les devants, d’anticiper. Certains parmi nous étaient sceptiques et réticents voir les armes se lever. Mais les batailles d’Arkos et la volonté manifeste de nos ennemis à développer de nouvelles technologies pour nous anéantir témoignent clairement de la volonté sans faille des dirigeants coalisés de tous nous faire regretter amèrement nos positions. Oui mesdames et messieurs, je n’ai pas peur de le dire devant vous. Si la Coalition le pouvait, si elle avait la puissance suffisante, elle ne manquerait pas de lancer des attaques dévastatrices afin de reprendre les colonies qui sont nôtres. Ils nous tueraient tous sans hésitation, sans pitié, sans aucun sentiment possible de réconciliation. [...] Suite au succès que nous avons obtenu sur l’orbite de Gévaliane, nous avons un avantage psychologique certain sur les militaires coalisés. Nous avons également un considérable avantage en nombre. Les pertes qu’ils ont subies ont amenuisés leurs forces. Mesdames et messieurs, nous sommes maintenant parvenus à un stade si avancé, que faire machine arrière nous est impossible. Notre seule possibilité de rétablir les instants de paix que nous ne connaissons plus depuis des années est d’en terminer avec cette guerre. De frapper en force, avec toute notre puissance. De frapper rapidement et de nous débarrasser une fois pour toute de la menace coalisée. Nous devons attaquer l’ennemi au cœur. Nous avons pour nous notre détermination, l’avantage des forces aussi et un effet de surprise insoupçonné résident dans notre ingéniosité qui n’a rien à envier à celle des scientifiques coalisés. Je ne vous le dirais pas autrement, chers compatriotes, nous devons éliminer toute menace avant que cette menace n’en termine avec nous ! ». Après un discours de prêt de 20 minutes, les derniers mot du commandant raisonnèrent dans l’enceinte et furent immédiatement salués par de nombreux applaudissements, cris et autres encouragements. Bien que tout le monde s’attendait aux propos d’Arslan, personne n’y croyait vraiment. Mais à voire la conviction et l’intensité d’Arslan lors de son discours, il ne faisait nul doute qu’il venait d’en convaincre plus d’un. C’est une décision bien radicale qui était soutenue par Arslan. Un véritable génocide, n’ayons pas peur des mots. Tuer pour tuer n’est pas un comportement typique d’Arslan et de ce fait il croit donc réellement qu’il n’y a pas d’autres solutions... Dans ce grand sommet de Délubrone, il est question de débats d’idées. La personne suivante qui s’adressera à l’assemblée n’est autre que le Directeur des services de renseignements croisés, Aktus Taronas : « Mes compagnons coalisés, La ferveur et la ténacité que nous avons tous ressenti dans le discours du commandant Arslan sont deux des principaux ingrédients qui nous ont permis, autrefois de prendre à bras le corps nos convictions et de nous affirmer comme indépendants. Mais il ne faut surtout pas oublier d’où nous venons. Toute note histoire s’est bâtie à travers les générations sur la paix, la fraternité et la coexistence. Nous avons toujours su faire preuve de lucidité et d’intransigeance aux moments où il le fallait comme l’ont montré les instants les plus douloureux de notre histoire comme la Guerre des Hydres. Nous n’avons pas oublié quel traumatisme ça a été mais nous n’oublions pas non plus les raisons pour lesquelles il en a été ainsi. [...] Je ne dis pas, et j’espère que vous l’aurez compris, qu’il faut courber l’échine et nous laisser aller à la complaisance avec notre ennemi. Mais nous nous devons de savoir raison garder et de ne pas céder aux tentations meurtrières qui nous relègueraient au rang de simples d’esprits. Il est important que nous remportions une guerre, oui, mais la guerre de l’information. Il nous faut également nous assurer de défendre convenablement nos colonies mais il ne faut sûrement pas se risquer à une campagne militaire d’envergure qui pourrait nous mener à notre perte. Une paix est encore possible si nous sommes capables de montrer que quoique les coalisés tentent de réaliser, nous avons toujours un coup d’avance sur eux. Nous devons leur montrer que dans tous les cas de figure, nous réagissons par anticipation et tuons leurs arrogances dans l’œuf. Ne soyons pas sanguinaire mais restons tels que nous avons toujours su être : calmes, intelligents et réfléchis. Ce sera la seule voie possible vers un retour au calme ! Je suis d'accord avec un point du discours du commandant Arslan : Nous n'avons pas d'autre choix que de compter sur la disparition de la Coalition. Mais croyez-moi, il est préférable pour nous tous de ne pas nous salir les mains par le sang. Agissons dans l'ombre, soyons fourbes et rusés. Désorganisation, désinformation... Nous pouvons travailler de l'intérieur avec des résultats similaires à des attaques frontales. Les pertes en moins ! Je vous accorde sans détour le fait que ça prendra du temps, mais la finalité sera la même, et le coût, incomparablement plus faible. Nous n'avons qu'à nous appliquer à la manipulation et à la subversion pour que notre ennemi chute de son propre chef. C'est une méthode plus douce, disons même plus.... civilisée, pour enfin se débarasser de la Coalition. » Bien qu’il ne fût pas prononcé avec moins de conviction, le discours de Taronas n’eut pas le même succès que celui d’Arslan. Mais il fut immédiatement perceptible que la position de Taronas n’était pas la plus appréciée des deux. Le point clé sur lequel les deux orateurs se différenciaient était principalement le délai nécessaire à l'atteinte de leur objectifs. De quelques mois à quelques années pour le plan d'Arslan, bien d'avantage pour l'action voulue par Taronas. Cependant, ces discours étaient les premiers d’une très longue série qui allait mener les participants aux portes de la nuit. Tout serait question d’habileté oratoire. Mais la décision finale reste entre les mains des sénateurs et sénatrices croisées qui devront, par un vote solennel en fin de séance, déterminer l’orientation générale de la politique croisée. Il n’y eut pas vraiment de surprise sur ce point. Après près de 17 heures de débats acharnés, et bien que le vote fût relativement serré, il fut adopté, à 63% d’opinion favorable, la résolution n°126-52-8 du Sommet de Délubrone qui définit la suite des évènements en ces termes : « Lors de la séance plénière du sénat, il a été décidé à 63% des voix que l’intégralité des compétences militaires, scientifiques et techniques étaient à partir de ce jour mis à disposition de la Flotte croisée en vue de conduire à une reddition inconditionnelle de la Coalition, à son démantèlement, ou à défaut à l’anéantissement complet de toute menace. » http://docs.virtual-developpement.fr/max/or_genese_logo_separation.jpg Lexique Topic de discussions Add-on n°2-13 : Aktus Taronas
  2. ~ Aktus Taronas ~ Aktus Taronas est né sur Saresh en 5711, planète peu importante affiliée politiquement et économiquement au secteur de Medenas. Il est le premier éclos de la seconde portée familiale qui compte trois oeufs, ce qui dans la tradition dénerienne est habituellement associé à une grande ascension ou une grande déchéance. Ce fut d'ailleurs souvent le cas pour la famille Taronas, l'un des ancêtres du jeune Aktus siégeait au Sénat lors de la Guerre des Hydres alors que son arrière-grand-père siégeait avant tout aux tables des établissements de jeux. La famille avait connu gloire et infortune mais actuellement était plutôt sur une pente ascendante. Le rang social de ses parents, tous les deux membres du comité de direction de la compagnie métallurgique locale, lui garantit une jeunesse assez aisée mais, comme tout Dénerien qui se respecte, ses ambitions le poussent à se dépasser. Avant sa cinquième mue il a déjà effectué plusieurs stages au sein de cette entreprise qui extrait le minerai de Gyzerite ferreuse avant de le transformer et de l'exporter sous forme de panneau de Fer vers Medenas dont elle est le troisième fournisseur. Bien que ses superviseurs dans les différentes branches où il exerça aient tous loué ses talents, aussi bien administratifs avec une gestion efficace des plannings des équipes, qu'économiques avec des propositions d'investissement et de développement des infrastructures de production ou techniques avec deux brevets dont il est co-auteur, la vie routinière au sein de l'entreprise ne suffit pas pour un esprit aiguisé comme le sien. Comme ses deux grandes soeurs de la première portée, il rejoint l'université de Medenas à sa majorité en 5724 pour commencer des études supérieures. Il choisit le cursus des sciences politiques et juridiques. C'est à cette époque qu'il s'initie aux différents courants politiques universitaires et découvre réellement le mouvement lié à la Marche Des Ignorants. Bien que son nom soit associé à plusieurs réunions des sympathisants de la MDI et à quelques manifestations étudiantes, il prend soin de ne pas s'engager plus que nécessaire de manière à ne jamais être catalogué autrement que comme un jeune idéaliste dont les positions seront amenées à redevenir raisonnables avec l'âge. Une fois diplômé, il entre au ministère de la justice de Medenas en tant que juriste dans la section contre la délinquance économique. Au bout de neuf ans il est devenu le directeur de ce pôle spécialisé contre le crime organisé qu'il dirige de manière ferme mais efficace. Il commence à être connu après l'arrestation d'Alek'apon, célèbre criminel en col blanc. Au cours de cette opération de longue haleine qui s'étala sur plusieurs années, le directeur Taronas (tel était alors son titre) supervisa personnellement plusieurs missions d'infiltration et participa aux nombreuses séances d'analyse qui finirent par conduire au démantèlement de l'empire financier jusque-là invisible du plus puissant malfaiteur de Medenas. Cette victoire lui garantit une reconnaissance et une forte visibilité aux yeux du public qui lui permettent de se lancer dans la politique en 5738. Certains disent que la politique est parfois plus violente que la guerre, et Aktus Taronas eut l'occasion de le constater pendant la campagne électorale pour les législatives. Ces adversaires ne firent aucun cadeau à l'enfant de Saresh, préférant l'attaquer encore plus sur les formes que sur le fond. Mais à ceux qui refusent le débat d'idées, le Dénerien garantit un combat impitoyable. Qu'on l'attaque sur ses origines, il dénonce le financement de ses opposants ; Qu'on l'attaque sur ses relations lors de ses études, il en fait une arme. Des rumeurs sont lancées contre lui portant sur des faits d'espionnage de ses opposants ou de paiement d'informateurs au plus fort de la campagne mais son action efficace pour combattre la corruption et une affiliation reconnue pour la MDI lui permettent de se présenter comme un réformateur engagé à protéger les citoyens de Medenas, à la fois contre les criminels et ceux qui ont renoncé à les affronter. Le message passe bien auprès de l'opinion publique qui le perçoit comme une évolution intéressante de la classe politique en place, et Aktus Taronas est élu député de l'Assemblée de Medenas en 5739. Son arrivée dans le corps législatif local lui permet, grâce aux amitiés qu'il a tissées pendant sa carrière judiciaire, de faire passer plusieurs lois offrant plus de droits aux citoyens lors des procédures légales, augmentant ainsi son crédit auprès des réformateurs de la MDI et de la population en général. Quelques années plus tard il est devenu suffisamment influent pour se lancer dans une candidature à l'élection sénatoriale. Au terme d'une campagne sans concession avec le député Frederik Klars, dont la famille de riches industriels auraient dû faire pencher la balance grâce à leur généreux soutien, Aktus Taronas est malgré tout élu sénateur du secteur de Medenas avec une bonne majorité des voix. Son programme directement inspiré des idées de la MDI, axé sur le développement économique et technologique, l'a favorisé dans la collecte des voix de l'électorat crucial de Medenas, planète hautement industrialisée. Son opposant n'ayant pas réussi à se débarrasser de l'image d'un oligarque dernier héritier d'une famille sur le déclin, Taronas prend toujours plus d'avance dans la course électorale. Son passé, un jeune Dénerien issu d'une planète mineure et devenu, par sa force de caractère, l'un des principaux personnages politiques du secteur, avait fait de lui quelqu'un ayant un aspect suffisamment nouveau et novateur non seulement auprès des électeurs de Medenas, mais également auprès des instances centrales de la MDI qui observèrent avec un grand intérêt son entrée au Sénat sur Sircona en 5748. Pour n'importe quel Dénerien ayant les mêmes origines un tel parcours serait considéré comme un incontestable succès, mais pour Aktus Taronas ce n'était qu'une étape. En 5753, Aktus Taronas devient le nouveau porte-parole de la MDI, dont il a gravit les échelons au cours des cinq dernières années. Bien qu'il joue un rôle important au sein de la MDI du point de vue de la visibilité du mouvement, il ne peut jouer qu'un rôle mineur dans la préparation de la sécession après l'affront ressentie par tous les membres de la MDI lors du discours du sénateur Urbain, l'année suivante. Son influence n'est pas suffisante pour rallier planètes, citoyens et soldats par systèmes entiers comme en sont capables certains des autres membres du comité central, et au-delà des systèmes voisins de Medenas, il n'a presque plus aucun pouvoir lui permettant de participer au plus grand évènement politique de son temps. Mais c'est dans un autre domaine qu'Aktus Taronas va se distinguer. En cas de succès, la nouvelle administration issue de la MDI sera faible, très faible face à une administration coalisée parfaitement en place et faisant partie de la vie quotidienne des citoyens depuis des millénaires. Sa seule chance de survie passe par la mise en place d'une entité qui sera plus apte à protéger le nouveau régime que les vaisseaux de guerre promis par le commandant Arslan et les autres pontes des forces armées. Son passé à la tête des forces de police de Medenas permet à Aktus Taronas d'avoir toute la légitimité dont il a besoin pour fonder les services de renseignement de la MDI. La première tâche qu'il se voit confier est de garantir la réussite de la sécession. Les premières cellules des services secrets accomplissent un travail remarquable en parvenant à maquiller l'ampleur qu'a atteint le mouvement. Les espions de la MDI laissent dans le flou les enquêteurs du Sénat et quand, en 5755, Aktus Taronas fait l'annonce qui bouleversa la politique coalisée, la surprise est totale. Parmi les 411 sénateurs qui proclameront leur indépendance ce jour-là, c'est lui qui, en tant que porte-parole du mouvement, qui annonce la sécession de la MDI et des planètes affiliées et qui finalement donne son nom à cette nouvelle nation : les Croisés. Dans la nouvelle nation, Aktus Taronas fait partit des membres de la commission du Sénat croisé, chargée de rédiger une nouvelle constitution qui après son approbation donnera lieu à l'élection de 5756 au cours de laquelle il sera élu. Mais en attendant, le sénateur dénerien est confronté à un projet bien plus ambitieux. Il va superviser l'évolution des services de renseignement de la MDI pour en faire les services de renseignement croisés. En tant que fondateur originel et expert, Aktus Taronas aurait facilement pu prétendre à la direction de ce nouveau service, mais encore une fois il se sait trop faible politiquement. Il choisit plutôt un poste moins en vue mais bien plus stratégique qu'est celui de directeur du renseignement extérieur. Il devient ainsi responsable du réseau d'espionnage agissant sur le territoire coalisé. Répondant à l'identifiant « Nébuleuse », il gère en personne la formation et la gestion de ses agents qui sont déployé à travers toutes les strates de l'administration et de l'armée de la Coalition. Lorsque survint l'accident Hagen en 5757, les Croisés savent que la guerre est inévitable et les services de renseignement vont jouer un rôle crucial dans la préparation de l'invasion et de la planification de l'avancée des troupes. Taronas s'acquitte de sa tâche avec entrain même s'il s'oppose pour la première fois aux ordres du Sénat en refusant de mettre en oeuvre l'attentat qui donnera lieu à la Chute des Kyrènes. En tant que Dénerien et chef officieux des services secrets, il propose une invasion discrète et méthodique où la Coalition perdrait ses planètes stratégiques avant même que son sénat ne s'en aperçoive. Mais les sénateurs de Delubronne préfèrent une attaque à visage découvert et une entrée en guerre spectaculaire. Le directeur des services de renseignement prend la main sur son subordonné et supervise en personne l'attentat du Sénat de Sircona. Puis vint la guerre... Alors que l'offensive croisée initiale est un succès sans appel, le revers infligé lors de la seconde bataille d'Arkos et la retraite qui s'en suit lors de la reconquête coalisée portent un rude coup aux espoirs d'une fin rapide du conflit. Tandis que la ligne de front se stabilise, la guerre de l'ombre redouble d'intensité et le front qu'il a ouvert contre la Coalition reçoit toujours plus de moyens. Pour Aktus Taronas envoyer une flotte contre une autre et voir qui survit ne présente aucun intérêt. Tandis que les militaires s'entretuent, ses services cherchent la faille qui permettra aux Croisés de prendre l'avantage. Il croit tenir une piste avec la création du centre de recherche coalisé de Conventone en 5770 mais la sécurité y est la plus renforcée de toute la Coalition et seule une infiltration à long terme est envisageable. Pourtant le temps presse. En 5773 un convoi de ravitaillement est anéanti par un unique vaisseau et l'état-major croisé panique à l'idée de devoir affronter une flotte entière de ces vaisseaux. Taronas n'a pas le choix : les services de renseignements doivent trouver une parade avant qu'ils ne soient produits en série. Mais comment ? Bien qu'en cours, les opérations d'infiltration de Conventone sont estimées à en cours cinq ans rien que pour que des agents soient présents sur le site plus au moins quatre autres pour qu'ils arrivent à des postes suffisants pour dénicher des informations pertinentes sur le projet coalisé. Taronas décide alors d'appliquer le vieux proverbe dénerien « Si tu ne peux pas toucher l'ennemi au coeur, vise la tête ! ». Au lieu d'infiltrer les bas échelons de Conventone, il va en exfiltrer le commandement. Cette opération est la plus ambitieuse jamais montéé par les services de renseignements croisés. Plusieurs années de préparation sont nécessaires mais en 5778, le directeur du centre de recherche de Conventone, le Grand Sage Sirice, est enlevé au sein même du bâtiment du Sénat de Sircona. Cette action est couronnée de succès et après plusieurs mois d'interrogatoire au cours duquel Taronas parvient à briser le Grand Sage, il obtient le nom de la cible qu'il cherche depuis des années : Gévaliane. L'affaire passe alors aux mains des militaires qui remportent la bataille et détruisent la nouvelle arme coalisée. Cette opération est l'élément qui propulse Aktus Taronas au sommet. Non content de devenir le nouveau directeur des services de renseignements, il devient enfin un personnage incontournable du sénat croisé. Celui que son service appelle « Nébuleuse », ses ennemis « Le Trou Noir », et ses subordonnées « Maman », est alors devenu l'un des personnages les plus redoutés de la galaxie. Sa mainmise sur les services secrets lui assure un pouvoir redoutable sur le plan politique, ne serait-ce que pour remettre à leur place certains sénateurs trop imbus de leur personne pour se rallier à ses opinions. N'ayant rien perdu de ses convictions, le sénateur Taronas commence enfin à pouvoir orienter la politique du Sénat croisé dans la direction qu'il souhaite car peu de sénateurs osent se mesurer à un héros aussi redoutable. La Grande Coalition elle aussi tremble devant lui. Pourtant ils ignorent jusqu'à son nom. « Le Trou Noir » est pour eux une entité omnisciente et toute puissante, se cachant derrière la moindre rumeur, derrière chaque attaque croisée ou derrière chaque débat du Sénat. Partout et nulle part à la fois, les dernières décennies du 58e siècle sont pour les Coalisés un mélange de paranoïa et d'angoisse à qui seuls de maigres progrès sur la ligne de front remontent le moral. Taronas est alors quelqu'un d'extrêmement puissant. Mais, pourtant, certains parmi les Croisés n'hésitent pas à le défier. Ce sont les militaires pour qui la victoire de Gévaliane est de leur seul fait. Ils se sont choisis le commandant Arslan pour porter leur voix au Sénat. C'est de cette époque que nait l'antagonisme entre ces deux personnalités : Arslan et ses escadres contre Taronas et sa guerre de l'ombre. Le conflit culmine au sommet de Delubronne en 5800 lorsque les Croisés cherchent à définir ou plutôt redéfinir la stratégie à employer pour les prochaines années. Deux visions de la guerre s'affrontent ; d'un côté la ligne d'Arslan prônant l'accroissement des attaques et des effectifs pour une guerre courte et brutale, de l'autre celle de Taronas dont la guerre de l'ombre devra à terme détruire la Grande Coalition de l'intérieur tout en la fragilisant à l'extérieur, un combat plus long mais moins coûteux. Certains furent tentés d'évoquer un affrontement entre les doctrines humaines et déneriennes tant il est vrai que chacun des deux leaders proposait une résolution du conflit en accord avec la façon de penser de leurs espèces respectives. Mais au final, bien plus que le coût des vies en jeu, c'est la durée de ce qui reste à faire qui pousse les sénateurs de Delubronne, lassés d'une guerre commencée depuis 41 ans déjà, à se rallier à Arslan. Menaces et chantage ne furent pas suffisants pour rallier suffisamment de voix, et sa défaite face aux ambitions des militaires fit comprendre à Taronas que les Croisés avaient désormais choisi une voie qu'il considérait comme sans issue honorable. Il a alors 89 ans et sait qu'il n'aura ni la force ni le temps de remettre le Sénat sur les rails qu'il aurait choisi pour lui. Aktus Taronas décide alors de quitter sa charge de sénateur et de démissionner de son poste de directeur du renseignement qu'il laisse à son adjoint, après s'être assurer que celui-ci serait en mesure de lui succéder efficacement à la tête de ce qu'il considère comme ce qui a été et restera à jamais la meilleure arme à la disposition des Croisés. Il redevient ainsi un simple civil en 5803 après plus de 75 ans au service de la cause à laquelle il avait consacré sa vie. Il meurt 4 ans plus tard en 5807 à l'âge de 96 ans. Sa mort fut à l'image de sa vie ; discrète et peu médiatisée car presque tout le monde ignorait qui il était. Seuls les agents de son service surent jamais à quel point Aktus Taronas avait joué un rôle déterminant dans le conflit les opposant à la Grande Coalition, et à quel point son décès était une perte sans égale pour tous ceux qui chérissaient ce pour quoi combattaient les Croisés. Pour eux, la mort de « Maman » sonnait comme la fin d'une époque et le début d'une nouvelle ère avançant au rythme martial prôné par Arslan.
  3. http://img11.hostingpics.net/pics/665350RENEchapitre11.png ~ Touchés au coeur ! ~ Danger sur Gévaliane... Une année entière. À quelques jours près, c’est le temps qui s’est déjà écoulé depuis la disparition du Grand Sage Sirice. Même si d’autres Grands Sages ont pris sa succession, il laisse tout de même une coalition meurtrie. Ses talents et ses aptitudes, gonflés par des années d’expérience pratique, sont difficilement remplaçables. Cependant, au-delà de cet état de fait, c’est avant tout la violence de l’enlèvement, les circonstances, mais aussi le manque total d’information. Bien que les auteurs n’aient pas été difficiles à identifier, le Sénat n’a reçu aucune information, aucun communiqué consécutivement à l’enlèvement. Impossible de savoir si Sirice est toujours en vie, et encore moins l’endroit où il pourrait se trouver. Les quelques croisés qui ont été faits prisonniers au cours des derniers affrontements n’avaient pas un niveau de responsabilité suffisant pour avoir ce genre d’informations en leur possession. Étrangement, tous les services de renseignement coalisés restent muets sur ce sujet. Rien n’a filtré durant ces mois écoulés, ni bruits, ni murmures, ni rumeurs. Personne n’était parvenu à définir clairement le but de cet enlèvement. Est-ce pour obtenir des informations sur la composition des flottes coalisées, sur leurs déplacements, leurs codes de sécurité ? Est-ce pour faire pression sur le Sénat pour amener la capitulation ? Est-ce simplement une vengeance quelconque ? Difficile à dire. Chacun à son idée sur la question. Le Grand Consul Galénien Pire’ego, un ami proche de Sirice, penche personnellement pour la violence et la souffrance gratuite. Quoi de mieux que de Atalic, successeur de l'illustre Amiral Deronna, ont rapidement fait le rapprochement entre l’attaque éclair du secteur 567 et le kidnapping de Sirice comme acte de représailles. Difficile à confirmer tant les Croisés sont restés discrets sur le sujet. Ce n’est pas leur habitude. Ils ont pour principe profond de se vanter et d’haranguer les foules, forts du succès d’une opération délicate. Mais pas cette fois. Le silence, l’ignorance peut-être, ont pris le pas sur la propagande. Coïncidence ? Probablement pas. D’ailleurs, toutes les tentatives de contact entre le Sénat coalisé et les autorités croisées sont restées sans réponses. Un silence long, lourd et glaçant qui ne laisse rien présager de bon pour la suite du conflit. Fort de ses victoires, chaque camp croit à la victoire, à sa force et à son triomphe. Un jour viendra où l’excès de confiance aura raison de l’un, ou de l’autre. Après le succès des essais de la CPE, Zeno et Kellanis ont rejoint leur laboratoire sur le chantier spatial orbital de Gévaliane. Après les approximations des premiers temps, la place est maintenant laissée libre pour une adaptation en série de la CPE sur tous les vaisseaux de la flotte. Pour la première fois depuis plusieurs décennies, la Coalition se dote d’un avantage technologique qui pourrait s’avérer décisif pour l’issue de la guerre. Le problème – comme toujours, il y en a un – est que la construction d’une CPE est lente et délicate. C’est de la haute technologie pour laquelle il faut des semaines de travail pour s’assurer du succès de chaque étape de montage. Dans les six ans qui se sont écoulés depuis le test grandeur nature de la CPE, seuls 23 vaisseaux de combats ont été équipés. Il devrait théoriquement être possible de fabriquer cinq CPE par an, mais entre les problèmes d’installation et les dysfonctionnements divers et variés, le rendement n’est pas optimal. Ce fut l’une des remontrances qui fut régulièrement faite à Zeno au cours des dernières années. Même si l’amélioration continue permet petit à petit d’augmenter la cadence d’équipement, on mesure encore en siècle le temps nécessaire à l’équipement complet de la flotte coalisée. Nul doute que cet équipement restera, et pour longtemps, un dispositif réservé aux escadres d’élite. D’ailleurs, 14 des 23 vaisseaux équipés ont été détachés à des missions particulièrement délicates et se sont vus éloignés de leur chantier d’attache de Gévaliane. Les autres, accompagnés et protéger par 10% des vaisseaux de la flotte (plus d’un millier d’appareils tous types confondus) sont chargés de protéger Gévaliane, Zeno et ses travaux. Même si Zeno voit toujours d’un mauvais œil l’intervention de l’armée, il consent à leur présence et s’efforce de les oublier, mais s’il voit en permanence les aller-et-venues des patrouilles à travers les larges hublots de son laboratoire. Il donnerait beaucoup pour avoir la même chance qu’un Korros et pouvoir tirer de ces mouvements incessants d’infinis moments de beautés et de plaisir des sens. Malheureusement pour lui, seules l’obscurité de l’espace et les lueurs des réacteurs sont son paysage quotidien. Les conditions de vie et de travail sont spartiates, mais il faut bien avouer que les enjeux les justifient. Le regard de Zeno ne croisait quasiment jamais la profondeur des hublots, tant il était concentré sur la mission qui était la sienne. Même un envol d’Ivenghur – Volatile majestueux, mais horriblement bruyant que l’on peut trouver sur Argezos– n’aurait pu le détourner de son travail. Les rares fois où Zeno pose le regard à l’extérieur, c’est sur incitation de Kellanis. Par un mot, une blague ou une observation. Enfin, pas toujours... Zeno avait commencé sa journée depuis plusieurs heures déjà. Il était obsédé par un problème d’interconnexion entre la matrice de la CPE et la commande électronique d’alimentation des modules de puissance de canons à plasma du Ruygans, vaisseau de combat récemment choisi pour accueillir une CPE à son bord. Il se prenait la tête à deux mains sur cet obstacle depuis la veille, sans pour autant abandonner. C’était la première fois qu’il se trouvait confronter à un problème de cette sorte et il ne voyait pas comment le résoudre. Une fois n’est pas coutume, son regard se détourna un instant de sa paillasse de laboratoire pour se perdre à travers le hublot. Se perdre ? Le croyez-vous ? En moins de temps qu’il ne le faut pour cligner des yeux, une terreur apocalyptique s’installa sur le visage de Zeno. Sur l’instant, c’est avec stupeur qu’il aperçut un faisceau plasmique venant en sa direction. Au moment où il réalisa ce qu’il se passait, une alerte fut lancée par le réseau sonore du chantier : « Alerte générale. Alerte générale. Une attaque de grande ampleur vient d’être lancée contre les inst… » Même pas le temps pour Zeno, Kellanis et les autres personnes présentes d’entendre la fin du message avant que la décharge de plasma n’atteigne la baie vitrée de leur laboratoire. En un dixième de seconde, le Ruygans à proximité, ainsi que les laboratoires de recherches situés dans l’aile tribord du chantier de Gévaliane furent en proie au vide spatial. 2368 personnes moururent sur le champ et ce fut le premier coup d’un combat sanglant. Qui ? Comment ? Les commandants des vaisseaux coalisés présents sur place restèrent décontenancés quelques secondes : 7126 vaisseaux croisés venaient de sortir d’hyperespace juste devant eux. Plus de la moitié de la flotte croisée… au bout de quelques secondes de stupéfaction, les commandants de la flotte coalisée ordonnèrent le lancement de toutes les escadrilles de chasseurs et leur placement en formation étoile sur la ligne de tir entre la flotte ennemie et les vaisseaux équipés de CPE. Combattre à 1 contre 6, telle était la mission des officiers présents ce jour-là pour défendre Gévaliane. Du vaisseau amiral Ghalizer, ce n’est autre que le Commandant Arslan qui mène l’assaut croisé : « Officier de communication, ordonnez à tous nos croiseurs de concentrer leurs tirs sur les vaisseaux émettant le signal gamma. Envoyer 80% de nos escadrilles de chasseurs et de bombardiers légers s’occuper des chasseurs ennemis, nous devons en premier lieu neutraliser ces vaisseaux ! » « Tout de suite, Monsieur. » Plusieurs milliers de petits appareils apparurent alors sur les écrans et se joignirent à la bataille. Comment était-il possible que les croisés aient pu localiser le chantier de Gévaliane avec toute la brume de secret qui l’entourait ? Doit-on croire à la coïncidence quant à la destruction des laboratoires de recherches sur la CPE ou était-ce prémédité ? En quelques secondes, l’orbite de Gévaliane fut saturée de lumières. Le nombre et l’intensité des décharges de plasma étaient tels qu’on aurait pu se croire sur les plages d'Arosi la veille du solstice d’été. La flotte coalisée de Gévaliane s'engagea dans un combat qu'elle n'avait que très peu de chance de remporter. L'amiral Korros Guyfu, chargé du commandement de la flotte de défense de Gévaliane donna immédiatement ses ordres : « Transmettez l'ordre à tous nos vaisseaux CPE d'ouvrir le feu sur les vaisseaux ennemis les plus proches à la cadence maximale autorisée. C'est notre seul espoir de ne pas être anéanti. » « Amiral... Ils sont bien trop nombreux pour esp... » « Pourquoi ? Voulez-vous fuir ? Notre mission est de nous battre, nous le ferons, et ce coûte que coûte. » Une fois l'ordre transmis, les premières salves de plasma sortirent des 9 vaisseaux équipés de CPE présents. L'efficacité de leur armement a confirmé le test le plus récent et chacun d'entre eux réduisit en miettes une bonne vingtaine de vaisseaux ennemis dans les 3 premières minutes de la bataille. Les chasseurs coalisés en formation défensivent firent un temps barrage aux tirs croisés en se sacrifiant. Déjà en large infériorité, le nombre de chasseurs diminua rapidement pour se retrouver à 1 contre 30 lorsque les escadrilles croisées arrivèrent à porter. Et là, ce fut un massacre. Le surnombre était tel que la totalité des chasseurs coalisés fut détruite en moins de cinq minutes, laissant alors la ligne de visée libre aux vaisseaux de combat croisés. À bord du Rising Sun, vaisseau équipé d'une CPE, la tension est intense : « Manoeuvrer pour que les tirs ennemis n'atteignent pas les propulseurs du vaisseau. À nous de jouer et d'envoyer ces parias en enfer ! », lança le commandant du vaisseau. « Monsieur, le Grésil, l'Ortuis et le Porliev viennent d'être détruits. D'après le vaisseau amiral, nous avons déjà perdu 30% de nos effectifs en quelques minutes. » « Je le sais oui, mais nous ne pouvons pas fa... » « Monsieur, nous sommes pris pour cibles par 31 vaisseaux ennemis. Notre bouclier ne tiendra pas longtemps » Et c'était peu dire. Sous la puissance combinée de ces assaillants, le Rising Sun essuya les tirs pendant quelques dizaines de secondes. Puis le bouclier commença à faiblir. Trop sollicité, la CPE du bord rendit les armes plus tôt que l'équipage et le vaisseau fut aussitôt dispersé dans l'espace. Trop nombreux, trop forts, trop déterminés. L'ennemi croisé avait un avantage démesuré dans ce combat. En quinze minutes, 59% de la flotte de défense de Gévaliane et 5 vaisseaux-CPE avaient déjà été détruits par l'assaillant. Et ce n'était que le début. Le rapport de force est vite devenu hors de mesure. Malgré les centaines de bâtiments ennemis neutralisés par les vaisseaux-CPE, l'issue de la confrontation était déjà dessinée. Au cours de la bataille, les chasseurs croisés, après avoir réglé le problème des escadrilles coalisées, ont été envoyés à l'assaut du chantier orbital de Gévaliane. Plus petits et plus maniables, ils se sont faufilés au milieu du champ de bataille et ont ciblé les ailes bâbord et tribord du chantier de Gévaliane. c'est même Arslan en personne qui en donna l'ordre : « Passerelle, passez-moi Toeic sur holographie. - Kalt Toeic était un jeune officier prometteur à qui avaient été confiées les escadrilles de chasse pour cette opération - Toeic... Ici le commandant Arslan. Beau travail pour la neutralisation des chasseurs ennemis. Le combat tourne déjà à notre avantage. Comme prévu, changez de cible et occupez-vous du chantier spatial pendant que nous terminons le travail. » « Bien reçu. À toutes les escadrilles, changement de l'objectif principal. Notre cible prioritaire est maintenant de neutraliser les chaînes de montage et les laboratoires du chantier spatial. » [...]« Aigle alpha à leader. Il y a du trafic devant nous. L'approche ne va pas être simple. » [...]« On rompt la formation. Faites attention à vos équipiers, mais frayez-vous un chemin. Je répète, abandonnez la formation de chasse. Mettez les gaz à fond pour réduire votre vulnérabilité. On se retrouve de l'autre côté. » Même si ces quelques mots de Toeic paraissaient rassurants, lui-même était animé d'une certaine anxiété au moment de s'engager au milieu des débris et des vaisseaux coalisés. Le temps de traversée du champ de bataille était estimé à 6 minutes. Au bout de deux minutes, Toeic avait déjà esquivé la trajectoire d'inertie de plusieurs croiseurs et de deux vaisseaux-CPE. Soudain, après avoir évité un énième morceau de coque, la verrière de son cockpit se remplit instantanément. Un vaisseau, énorme, face à lui. Un croiseur ou peut être un destroyer qui tentait de se camoufler au milieu du champ de ruines. Toeic n'eut que très peu de temps pour réagir. En moins d'une demi-seconde, il entama avec son chasseur une vrille verticale qui le porta au quasi-contact avec le bouclier du vaisseau ennemi. Après quelques cascades supplémentaires pour éviter un crash, Toeic reprit contact avec le commandant Arslan : « Commandant, ici leader de formation. Je viens d'éviter de justesse la collision avec un bâtiment ennemi. Il semble qu'il tente de se cacher au milieu des débris avant d'enclencher son hypernavigateur et de se tirer de là. » « Ce vaisseau ne doit en aucune façon pouvoir s'échapper d'ici. Faites le nécessaire. » Toeic fit instantanément demi-tour en direction du vaisseau coalisé. Il semblait avoir subi de gros dégâts. De la proue à la poupe, Toeic put identifier plusieurs zones en décompression, livrées au vide spatial. Seulement, à peine arrivé à portée de tir, Toeic fut pris sous le feu des canons courte portée de l'Occivia, puisque tel était son nom. À croire qu'il s'approchait par le mauvais côté, car rien ne laissait entrevoir que les armes de l'ennemi étaient toujours opérationnelles. Toeic n'eut d'autre choix que de se concentrer au maximum et d'utiliser tous ses talents de pilote pour éviter les tirs ennemis autant que possible. Les chasseurs ne possédant pas de boucliers, un tir un seul pouvait l'anéantir. En quelques secondes, il se rapprocha suffisamment de l'Occivia pour ne plus être à portée des canons automatiques. Seules les tourelles de proximité pouvaient encore l'avoir dans leurs lignes de mire. L'objectif de Toeic était clair : neutraliser l'hypernavigateur de la cible. Au prix de manoeuvres subtiles, dont plusieurs tonneaux vrillés, Toeic passa à travers les tirs des tourelles et se retrouva derrière l'Occivia, nez à nez avec ses réacteurs. Au vu de l'état général du vaisseau, il semblait peu probable que les boucliers soient à leur maximum de puissance. Toeic arma alors un missile Typhon - l'un des plis puissants missiles vaisseau/vaisseau - et ouvrit le feu. La tête à variation de fréquence du missile lui permit de passer les boucliers sans encombre. À l'impact, le missile détruisit le principal circuit de refroidissement de l'hyperpropulsion, la rendant inopérante. Un réacteur subluminique fut également endommagé. Après ces manoeuvres, Toeic reprit sa trajectoire initiale et contacta le vaisseau Amiral croisé : « Amiral Arslan, le vaisseau ennemi a été neutralisé, je reprends ma mission principale. » [...]« À toutes les escadrilles, leader reprend le combat. Mettez-vous en formation serrée code Triton. Nous attaquerons l'objectif dans quelques minutes. » Le temps simplement que Toeic rejoigne ses compagnons d'armes. Puis l'attaque finale sur le chantier de Gévaliane fut lancée. Malgré les boucliers et les batteries de défenses du chantier, disons-le trop peu nombreuses pour être utiles, l'attaque des chasseurs croisés fut prompt, rapide et efficace. En un passage, les docks d'équipement bâbord et la chaine de montage furent détruits. Peu de temps après, les hublots des laboratoires encore intacts volèrent en éclat, envoyant dans l'espace le fruit des travaux de recherche coalisés les plus importants de ces dernières années. À la fin de l'attaque, le chantier de Gévaliane était en partie détruit. Les installations n'ayant pas explosé directement étaient en proie aux flammes et il ne faisait aucun doute que rien ne subsisterait de ce fleuron de l'aérospatiale coalisée. L'amiral Arslan fit comprendre à tous les équipages croisés engagés sa satisfaction à la fin des combats. Il y eut bien sur quelques pertes, mais la mission principale était accomplie. De plus, durant la même opération, un nombre considérable de vaisseaux coalisés avaient été détruits dont la majorité des vaisseaux-CPE. Un succès total. D'ailleurs, les vaisseaux-CPE restants dont le Jurine, l'Alferi et le Winko furent traqués et détruits dans les semaines qui suivirent la bataille de Gévaliane. L'avantage technologique qu'avait pris la coalition s'en est allé avec la vie des équipages de ces vaisseaux. L'équilibre était rétabli, enfin si on veut. En à peine un mois, la coalition a perdu énormément. Du matériel de toute évidence, en quantité importante. Des hommes et des femmes également, terrassés alors qu'ils défendaient leur liberté et leurs convictions. Mais au-delà, c'est une partie de l'ambition et de l'espoir de la Coalition dans cette guerre qui venait de partir en fumée avec les ruines de Gévaliane. Les questions les plus cruciales qui se sont posées au Sénat à la suite de la bataille de Gévaliane étaient multiples. Les travaux menés sur le chantier orbital étaient parmi les plus grands secrets de la Coalition. Difficile alors de concevoir qu'un traître ait pu donner ce genre d'information. D'autant plus que le nombre de personnes au courant de ces recherches était réduit. Il est bien sûr connu que des espions croisés peuvent s'infiltrer dans les rangs de la Coalition mais jamais à des niveaux aussi hauts. Puis, progressivement, l'amiral Atalic et les plus éminents membres du Sénat coalisé firent le lien entre les différents évènements récents. Beaucoup pensaient d'abord que l'enlèvement de Sirice était en représailles à l'attaque du secteur 567. Mais Sirice, lui, était au courant du projet CPE. Le lieu, le contenu. Il savait tout. Et même si les grands Sages ne sont pas facilement influençables, les renseignements croisés ont dû réussir à lui extorquer des informations. Tous sont persuadés que Sirice a lutté plus que de raison, car il n'avait aucun intérêt à trahir. Toujours est-il que la disparition de Sirice et ses conséquences mettent la Coalition dans une situation compliquée qui sera difficilement rattrapable. Une frappe au coeur, un coup de poignard. L'avenir n'est plus aussi certain à présent. http://docs.virtual-developpement.fr/max/or_genese_logo_separation.jpg Lexique Topic de discussions Add-on n°2-11 : Arigas Zeno'oriaga
  4. ~ Arigas Zeno'oriaga ~ Arigas Zeno’oriaga, plus souvent évoqué dans l’Histoire comme « Zeno », est né sur la planète mère galénienne, Argezos. Né d’un père responsable logistique d’un spatioport et d’une mère fonctionnaire de la chambre des représentants, Zeno est identifié dès son plus jeune âge comme enfant précoce, doué d’une intelligence et d’une capacité de raisonnement bien supérieure à celle des autres enfants de son âge. Il intègre d’ailleurs à 6 ans, sous l’impulsion de son père, l’établissement Guidrio, spécialisé dans l’éducation et l’épanouissement des enfants précoces. Il obtient avec 2 ans d’avance ses premiers diplômes puis rejoint rapidement l’académie des sciences d’Argezos ou il étudie les mathématiques, l’astrophysique et les sciences de l’énergie. Il surclasse ses collègues de promotion très rapidement et se montre comme l’un des étudiants les plus curieux et imaginatif de sa génération. Il passe sans difficultés ou presque 4 doctorats avant son 28ème anniversaire et reçoit alors les honneurs du corps professoral et de l’assemblée des anciens de l’académie des sciences. A l’âge de 57 ans à peine, là ou d’autre ont dû attendre 70 ou 80 ans, Zeno obtient le titre de Doyen professoral de l’Académie des Sciences d’Argezos. Il devient une référence dans les domaines scientifiques ou les Galéniens excellent, comme l’énergie. Son talent et son génie sont reconnus de tous et c’est tout à fait logiquement qu’il est choisi par le Grand Consul Gentrus Pire’ego pour devenir son conseiller scientifique principal lors de son second mandat. A vrai dire, Zeno n’appréciera pas trop cette période car la politique l’ennuie et il n’a pas l’impression d’être ni utile, ni à sa place à ce poste. Il délaisse cette fonction pour se concentrer sur ce qui lui a toujours plu, la recherche, seul ou avec quelques personnes qu’il estime, dans son laboratoire. Il développe alors de nouvelles générations de centrales énergétiques civiles et contribue presque seul à la création des centrales énergétiques des vaisseaux de classe Kergazon. D’ailleurs, au cours de ses recherches sur ce sujet, un accident se produit dans son laboratoire et l’un des réacteurs d’essai s’enflamme. Grièvement brulé au visage, il en gardera des séquelles toute sa vie. Les écailles du côté droit de son visage, de sa joue à la base du coup, ont fondu lui laissant une zone totalement lisse et décolorée. D’ordinaire, les Galéniens sont reconnaissables par une tache de naissance beige sur leurs visages mais avec le temps, c’est surtout cette brûlure qui l’identifie au milieu de ses confrères scientifiques. Zeno était présent dans l’enceinte du Sénat ce jour de 5759 où la guerre commença. Il ne fut ni blessé ni directement touché par l’attentat qui coûta la vie au sénateur Urbain à et beaucoup d’autres personnes, mais il resta à jamais marqué par cet évènement. D’ailleurs, le traumatisme fut tel que, durant les années qui suivirent, il resta cloitré dans son laboratoire d’Argezos. Beaucoup eurent l’impression que son génie avait disparu avec la moitié du bâtiment du sénat et que jamais plus il ne serait le même chercheur qu’auparavant. Plusieurs années s’écoulèrent avant qu’il retrouve goût à son travail. Puis c’est la rencontre avec l’un de ses assistants, Porgios, qui lui redonna définitivement l’envie d’innover. Lorsque le Sénat coalisé prend l’initiative de relancer la recherche pour contrer l’avancée des forces croisées, Zeno est pressenti pour diriger la branche énergie du tout nouveau centre de recherche de Conventone au début de 5770. Il est notamment chargé de développer une nouvelle source d’énergie sans égale qui pourrait donner un avantage décisif à la coalition pour les années à venir. Cette époque sur Conventone n’est pas la meilleure de la vie de Zeno. Les responsabilités qu’il a acceptées ne lui conviennent pas et il ne remplit aucune de ses obligations dans ce domaine. La paperasse d’entasse, ses impératifs ne le motivent pas et il finit par ne plus supporter la pression des représentants du Sénat sur Conventone et l’attente qui est placée en lui. 1 an après avoir intégré Conventone, Zeno présente sa démission et finit par retourner sur Argezos, pour reprendre le cours de sa vie de chercheur qui chérissait tant. C’est d’ailleurs une bénédiction. Mois de 3 mois après son retour, il poursuit et achève ses recherches entamées sur Conventone et met au point, au nom du Laboratoire Central de l’Energie Galénien (LCEG), le premier prototype de la cellule à poly-énergie. Après plusieurs essais, qui coûteront notamment la vie à Porgios qui l’avait suivi sur Argezos, Zeno finit par obtenir un dispositif efficace et fiable qui allait amener un tournant dans l’opposition des forces et, pourquoi pas, changer le déroulement de la guerre. Suite à cette découverte et à cette présentation, Zeno est envoyé sur le chantier spatial de Gévaliane, le plus grand ou presque de la Coalition, où il est chargé de travailler à l’adaptation de la CPE sur les vaisseaux de la flotte. Grâce à son travail, la CPE est installée de série sur tous les appareils qui sortent du chantier. Il a été d’ailleurs plus facile de concevoir des vaisseaux neufs utilisant la CPE que d’adapter les anciens modèles… Mais ce fut finalement un succès et les perspectives se présentaient alors plus belles pour l’avenir de la Coalition. Sur un plan personnel, Zeno n’a jamais vraiment eu de vie sentimentale. Il faut dire que c’est le genre de personnage qu’il est difficile de suivre et avec qui il est sûrement difficile de vivre. Il a toujours montré un gros appétit de travail mais n’a jamais présenté d’intérêt particulier pour les relations sentimentales. Il aurait été facile de croire que cela représentait un problème pour lui, mais il n’en a jamais été ainsi. Il s’est toujours contenté de sa vie solitaire, mettant ainsi toute son énergie dans son travail. Certains d’ailleurs ont souvent vu en cela une explication supplémentaire à son sale caractère et à son manque de diplomatie. D’autres sont même allé jusqu’à le considérer comme fou, comme un ermite à la science dévorante mais à l’esprit égoïste et narcissique, bien que ça n’était pas le cas. Il faut ajouter à cela la disparition tragique de Porgios, qui était à vrai dire la seule personne proche de Zeno, pour que le résultat soit un isolement complet d’un esprit incompris. Ce n’est pas un fait rare cependant. Il n’était pas le premier esprit brillant à se murer dans la solitude qu’il avait lui-même choisi. Il n’était pas non plus d’un naturel ambitieux, ce qui aurait pu aider à comprendre que seule sa carrière importait. Il était bien plus intéressé par la science fondamentale que par la reconnaissance et c’est ce qui a marqué une bonne partie de sa vie. Après Porgios, le seul ami qui a vraiment compté pour Zeno est un chercheur spécialisé dans les technologies d’armement du nom de Kellanis. Ils se sont rencontrés pour la première fois alors que Zeno venait d’arriver au centre de recherche de Conventone. Ils ne travaillaient pas dans le même département ni sur les même projets mais il se retrouvait parfois durant leur temps libre pour évoquer leurs soucis techniques notamment. Cela restait des discussions professionnelles bien souvent et jamais il n’était fait références à des choses personnelles. Pour autant, Zeno considérait Kellanis comme un ami. D’ailleurs, il le considérait également comme un chercheur de qualité et c’est à son initiative qu’ils ont été rapprochés suite à l’invention de la CPE, dans l’optique d’adapter cette technologie à l’armement. Ce fut d’ailleurs un succès retentissant qui n’eut d’égal que la violence de la contre-mesure croisée contre cette évolution technologique. Après les premiers tests grandeur nature, l’efficacité du travail de Zeno et Kellanis fut telle qu’ils devinrent indirectement les cibles prioritaires des Croisés. Plus exactement, les services de renseignements croisés n’ont jamais été en mesure de connaître leur nom mais ils ont rapidement identifié le lieu clé qui permettait le développement de ces armes de nouvelles génération : le chantier spatial de Gévaliane. C’est d’ailleurs à l’occasion de l’offensive croisée contre le chantier de la flotte de cette planète que Kellanis, Zeno et de nombreuses autres personnes périrent, alors même que le nouveau fleuron de la flotte coalisée était réduit à l’état de poussière.
  5. http://img11.hostingpics.net/pics/191483RENEchapitre9.png ~ Incursion dans le secteur DFT-567 ~ Des essais grandeur nature ! Il est une vérité universelle qui consiste à dire que toutes les innovations scientifiques, sans exception, suivent un chemin tout tracé. Elles naissent en général d'une intuition, d'une idée ou d'une découverte totalement inattendue. Une idée est comme une graine, fragile, mais résistante. D'elle peut jaillir une plante à la croissance lente ou une mauvaise herbe envahissante. Le temps de germination d'une idée dépend de l'esprit de celui qui la formule. Vient ensuite le temps du travail, des succès et des échecs, des espoirs et des déceptions. On y révèle parfois des impasses, des voies sans issues qui nécessitent une intelligence brillante pour être surmontées. Puis finalement d'un principe, on dérive progressivement vers des choses plus concrètes. Une théorie, un prototype, que sais-je encore. C'est à ce moment-là qu'on peut entrevoir l'utilisation future de cette innovation, ses applications potentielles et, pour certains, sa valorisation pécuniaire. Étrangement, on peut remarquer que ce sont traditionnellement toujours les mêmes personnes, ou plutôt le même corps de métier, qui s'intéresse en premier lieu à une nouvelle technologie : les militaires. Il est bien simple de saisir ce paradoxe qui oppose chercheurs et soldats. Un scientifique ne pense qu'à l'inventivité de ce qu'il vient de trouver alors que le militaire, lui, entrevoit avec pragmatisme son utilisation pratique. Il en a été ainsi de la poudre à canon, des produits chimiques et de la fission nucléaire en leurs temps. Il n'en sera pas autrement pour la CPE. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles Zeno n'a pu s'adapter à sa position au centre de Conventone et qu'il a préféré retourner sur Argezos. Bien sûr, compte tenu du conflit qui lacère l'univers depuis des années déjà, il ne pouvait pas en être autrement. À la grande déception de Zeno, ça va de soit. Il ne s'était même pas écoulé un mois depuis l'aboutissement du projet CPE que déjà l'état-major de la flotte Coalisée s'intéressait à cette découverte. Pourtant, Zeno n'en avait pas parlé à beaucoup de personnes, seulement des proches qu'il pensait fiables. Ce n'est pas ce qu'on pourrait appeler une trahison, mais il semble que l'une de ces personnes n'ait pas pu tenir sa langue auprès des militaires. Ça ne choquera pas grand monde cependant, vu la gravité de la situation. C'est donc sept semaines, jour pour jour, après l'achèvement des travaux de Zeno que l'Amiral Deronna dépêcha un de ses représentants sur Argezos, pour estimer le potentiel militaire de la CPE. C'est le Major Tisschk, Sell de son état, qui fut missionné par Deronna. Tisschk était spécialement en charge de l'évolution des technologies militaires et ce genre de mission faisait donc partie de ses prérogatives. C'est avec un sentiment partagé qu'il atterrit avec la navette du soir sur Argezos. Il était profondément convaincu que la nouvelle révolution technologique ne viendrait jamais du côté de l'énergie, puisque ce n'était pas une denrée rare. Personnellement, Tisschk pensait davantage que la clé de la victoire de la Coalition se trouvait dans l'invention d'un nouveau type d'armes, plus perfectionnées, plus pointues, complètement originales peut-être, qui rendraient obsolètes tout ou partie de l'existant. Pour autant, il se rendit dès le lendemain au laboratoire de Zeno pour l'écouter parler de son invention. Après quelques minutes d'un discours technique sur la physique du vide et des particules exotiques, Tisschk qui, il faut le reconnaître, n'avait pas tout compris, interrompit Zeno : « Tout ça cest très joli, Docteur, mais je vais devoir vous poser une question bien plus directe pour quon avance dans le bon sens : quest-ce que ça pourrait nous faire gagner ? » À ces quelques mots, Zeno se senti vexé d'avoir été stoppé au milieu de son exposé, mais se résolu à répondre gentiment et simplement à son interrogateur. « Vous savez sans aucun doute que nos canons à plasma pulsé, que nous employons depuis bien des années maintenant, fonctionnent à partir de modules énergétiques indépendants qui alimentent à tour de rôle des concentreurs énergétiques qui permettent d'accumuler la puissance suffisante au tir ? Si la CPE était adaptée à ces armes, non seulement les concentreurs ne serait plus utiles, mais en plus la cadence de tir sera d'autant plus élevée que la puissance tirée de la CPE augmentera. Par ailleurs, il faut bien comprendre que la CPE peut aussi fournir une énergie à fréquence modulable. Autrement dit, d'une énergie stable et constante contenue par les décharges de plasma, on pourrait théoriquement obtenir une salve dont l'onde énergétique offrirait un profil de fréquence 10 fois plus étendu qu'actuellement, suffisamment étendu pour que 15 à 20% de la puissance contenue dans le tir ignore le bouclier de l'ennemi. Cela reste à prouver par des essais en conditions réelles bien entendu, mais... » « Vous... pouvez me redire ça ? » s'exclama Tisschk, hébété. « Vous m'avez bien compris. J'ai travaillé en étroite collaboration avec le Docteur Kellanis il y a quelques années. Vous n'êtes pas sans savoir qu'il est spécialisé dans les technologies d'armements. De ce fait, il m'a appris pas mal de choses dans ce domaine ce qui me permet d'avancer ce que je viens de vous dire, mais sans certitudes. Ce qu'il faut également comprendre, c'est que les chambres de confinement des canons actuels ne sont absolument pas prévues pour recevoir une CPE. De fait, il faut avant tout penser à les y adapter. Je ne pense pas que cela soit insurmontable et en quelques mois, nous devrions être capables de réaliser des essais. » « Si rapidement ? » « Oui, mais uniquement si vous détachez Kellanis à cette tache seule. Il faudra d'ailleurs que nous établissions notre laboratoire sur le chantier de Gevaliane, pour être au plus près. Mais il faut avant tout que vous vous décidiez ! » Le reste de la discussion se déroula plus à l'écart. Entre quatre murs et rien ne s'en échappa. Toujours est-il que peu de temps après, Zeno établit ses quartiers au centre de recherche du chantier spatial de Gevaliane, le plus grand chantier coalisé de l'Histoire. Comme il l'avait souhaité, Kellanis fut entièrement détaché à ce projet pour le mener à bien. Comme Zeno l'avait imaginé, les recherches dans ce sens n'ont pas été faciles au départ. Les premières semaines furent le théâtre de nombreux essais d'interface entre la CPE et les divers canons qui équipent les vaisseaux de la flotte. Les 34 premières tentatives se soldèrent par des échecs et la destruction des cellules de confinement des canons plasmas et des condensateurs énergétiques. La puissance libérée par la CPE était bien trop élevée et alternative, ce qui rendait le tout très instable. De plus, les échecs de ces essais proviennent également de la grande quantité d'énergie qui s'échappe de la batterie centrale plutôt que d'y être concentrée. Zeno et Kellanis avançaient à tâtons, de proche en proche, dans l'espoir de s'affranchir de ces obstacles et de progresser. Deux mois et cinq jours après le début de leur collaboration, les deux chercheurs firent une avancée spectaculaire en retravaillant les connexions nanométriques entre la chambre de confinement et le condensateur principal. De cette façon, l'énergie parvenait enfin aux canons. Le dernier problème à régler : stabiliser le tout. En effet, le montage fonctionnait, mais il était impératif de faire feu dans un temps imparti pour libérer l'énergie emmagasinée dans les condensateurs de la batterie de canons, sans quoi elle finit par exploser. L'état-major coalisé était cependant très pressé de voir les résultats pratiques de ces travaux. À leur demande fut organisé un test de la puissance de destruction de ce nouvel armement, en prenant bien sûr toutes les précautions nécessaires pour prévenir tout éventuel accident. Malgré le désaccord complet de Zeno, qui avait en mémoire les échecs de la mise au point de la CPE et notamment la mort de son assistant, le test fut entériné par le sénat. Grâce aux services de renseignement de la Coalition, l'état-major de la flotte, Deronna en tête, ont pu lister les différents déplacements de la plupart des escadres croisées, les destinations, les chargements, les rotations, les escortes... Tout ce qu'il est nécessaire de savoir pour initier une frappe éclaire, vive, brutale et rapide. D'ailleurs, afin d'éviter tout risque pour les volontaires, Deronna choisit en personne de prendre pour cible un convoi de ravitaillement. Faiblement armés, ces vaisseaux convoyaient diverses ressources, notamment de la Gyzréite, à destination des chantiers spatiaux et des laboratoires croisés. Par contre, les cargos employés étaient équipés de puissants boucliers leur permettant de résister à tout affrontement le temps de s'échapper. Une aubaine pour ce genre d'essai. L'objectif était précisément de montrer dans quelle mesure cette évolution énergétique pouvait permettre de réduire considérablement la durée des affrontements en outre-passant la résistance des boucliers. Il n'était pour le moment pas question de détruire l'intégralité d'un convoi qui compte normalement plus d'une dizaine de ces cargos, mais de se concentrer sur un seul. C'est dans le secteur DFT-567 qu'il fut décidé d'agir. C'est une route très peu fréquentée par la flotte coalisée. Le convoi croisé y sera très vulnérable. La pratique devra confirmer ce que l'on en attend, dans trois jours. Tout était calme sur la passerelle où se trouvait Deronna. Hors de question d'engager un combat risqué. Un seul vaisseau avait été réquisitionné pour cette opération, mais trois escadres d'attaque coalisées se tenaient à distance raisonnables en cas de danger. Kellanis et Zeno se tenaient prêts à effectuer des modifications techniques dans le sas d'armement. Ils n'étaient pas vraiment inquiets, tout devrait se dérouler comme prévu. Zeno avait d'ailleurs parié avec quelques-uns de ses assistants sur la réussite du test. Kellanis, lui, était plus réservé bien que confiant. Soudain, les haut-parleurs du Gritus, ainsi se nommait le vaisseau choisi, se mirent à grésiller quelques instants, avant que Deronna ne prenne la parole : « Officiers et membres d'équipages, tout a été prévu pour que notre mission se déroule dans les meilleures dispositions pour nous. J'espère que vous mesurez tous l'importance de notre tâche. Si nous réussissons, nous aurons montré que la mise au point de cette nouvelle source d'énergie est un tournant dans la guerre contre les Croisés. Nous posséderons la puissance nécessaire pour frapper notre ennemi au coeur, avec toute la puissance et la détermination de notre cause. Nous pourrons causer d'importantes pertes à la flotte ennemie tout en essuyant des dégâts minimes. C'est l'occasion que nous attendons depuis longtemps d'en finir avec ce conflit. Ce n'est certes pour l'instant qu'un galop d'essai, mais lourd de perspectives. Tous à vos postes et croisons les doigts ! » L'ordre fut ensuite donné de passer en hyperespace et de rejoindre les coordonnées d'interceptions choisies. Étrangement, alors qu'on aurait pu s'attendre à une certaine tension, l'atmosphère était détendue à bord du vaisseau alors qu'il s'approchait de sa destination. Seul Deronna sentait réellement quels étaient les enjeux, mais son seul signe apparent d'inquiétude était une goutte de sueur qui dévalait le long de sa joue. Peu de choses en somme. L'officier naviguant annonça aux haut-parleurs que le Gitrus s'apprêtait à sortir d'hyperespace dans les secondes à venir, et que tout l'équipage devait se tenir prêt à exécuter les manoeuvres de combat. Puis enfin, l'alarme de combat retentit. Cependant, au retour en espace conventionnel, les écrans de contrôle firent apparaître un total de 15 vaisseaux. Certes, les 11 cargos initialement prévus étaient bel et bien là, mais à la grande stupéfaction de tous, ils étaient escortés par 4 frégates lourdement armées. Il ne faisait alors aucun doute que le Gitrus n'avait aucune chance de sortir de cet affrontement entier. Deronna compris très vite que la seule issue était de se battre, et d'espérer. Vu la puissance ennemie, il n'était pas possible de paramétrer l'hypernavigation suffisamment rapidement pour s'enfuir et survivre. Deronna cria alors à travers le système de communication interne du Gitrus : « Zeno ! Nous faisons face à 4 frégates ennemies. Bougez-vous et activez votre arme. Nous n'avons pas la possibilité de fuir. Nous devons vaincre ou périr. Lâchez toute la puissance à votre disposition sur le vaisseau le plus proche, et au pas de charge !!! » Après quelques petits réglages rapides de dernière minute, Kellanis donna son feu vert pour l'ouverture du feu. En quelques millièmes de seconde, une décharge plasmique d'une luminosité très intense sortit des canons avant du Gitrus. En moins de temps qu'il ne faut pour cligner des yeux, la décharge atteint les abords du vaisseau croisé le plus proche. Lorsqu'elle entra en contact avec le bouclier du vaisseau, la puissance reçue par le bouclier fut suffisamment forte pour qu'il donne l'impression de clignoter. Le vaisseau ennemi en question cessa immédiatement le feu. Et à l'impact de la seconde décharge, le bouclier du vaisseau ennemi tomba et une grande partie de la salve toucha la coque, détruisant les hangars bâbord, les soutes de matériel et les batteries de canons avant. Ce vaisseau était hors de combat. Dans les secondes qui suivirent et malgré la joie spontanée de l'équipage, Deronna ordonna de prendre pour cible le vaisseau suivant. Il ne fallut qu'une seule et unique décharge plasmique pour que ce vaisseau finisse en éclats de lumière. Une bonne nouvelle pour Deronna et son équipage. La modulation de fréquence de l'énergie provenant de la CPE était fonctionnelle conformément aux attentes. Même si la puissance était variable, l'efficacité était supérieure à celle des armes conventionnelles. C'est tout ce qui compte finalement. La destruction du troisième vaisseau ennemi ne fut pas aussi facile. Un court-circuit dans le module de réinjection a mis hors service la CPE rendant au Gitrus un armement conventionnel. Dès que Deronna se rendit compte de cet état de fait, il ordonna de préparer l'entrée en hyperespace. Le Gitrus pouvait résister brièvement à deux vaisseaux, plus facilement qu'à quatre... Le combat s'arrêta là. Zeno et Kellanis ne parvinrent pas à rétablir la CPE et Deronna dut se résoudre à fuir le combat. Cependant, les résultats de cette opération dépassèrent les attentes de tous. Le Gitrus a réussi à combattre 4 frégates croisées, à en détruire deux et à s'enfuir en un seul morceau. Même s'il fallait encore travailler à la stabilisation de l'énergie de la CPE, la preuve était faite de son efficacité. D'ailleurs, Zeno eut l'idée brillante d'utiliser le surplus d'énergie pour alimenter les boucliers d'un supplément d'énergie. De quoi renforcer la résistance des vaisseaux de la flotte en plus de contribuer à la puissance des armes. Les CPE sont longues et difficiles à construire, mais une chose est sûre : Les Croisés peuvent commencer à trembler ! http://docs.virtual-developpement.fr/max/or_genese_logo_separation.jpg Lexique Topic de discussions Add-on n°2-9 : Amiral Irvin Deronna
  6. ~ Irvin Deronna ~ L'Amiral... Irvin Deronna est né au sein d’une famille d’agriculteurs sur Cehlesa en 5692. Peu enthousiasmé par les travaux de la ferme familiale et ne se sentant pas à sa place sur ce monde essentiellement dédié à la production agricole pour assurer le ravitaillement des mégalopoles planétaires, il se consacre aux études. Diplômé en 5710, ses brillants résultats lui permettent de passer le concours de l’école militaire où il termine dans les cents premier sur plus de soixante mille candidats. Une fois reçu, il commence le cycle de trois ans de l’école des officiers du Mont Albius sur Arès. Celui que la plupart de ses condisciples appellent « le paysan » se montre un travailleur acharné qui parvient à se hisser parmi les meilleurs. À la fin de ce cursus en 5714, il est le second de sa promotion et reçoit le grade de lieutenant de l’armée coalisée. Ayant fini parmi les vingt premiers, il a la possibilité de poursuivre sa formation au lieu de recevoir une affectation vers une unité d’active. Choisissant l’option aérospatiale, il rejoint l’Académie Navale de Gataël pour suivre la formation supérieure des officiers de la Flotte. Les résultats obtenus par ce jeune élève entrainèrent de nombreux débats parmi les enseignants de l’Académie. Ses scores dans certaines matières comme « combat spatial » et « opérations tactiques » variaient d’un extrême à l’autre en fonction du superviseur. Tandis que certains lui reprochaient son application à se démarquer des procédures militaires en vigueur, d’autres louaient son audace et ses prises de décisions non-conventionnelles. Le meilleur exemple de cette ambivalence peut se résumer par la note en bas de page de son dossier émise par l’un de ses examinateurs : « Suit les ordres, mais a une fâcheuse tendance à les réinterpréter à sa manière ». Pourtant ses résultats parlent d’eux même et tout le monde est d’accord sur ce point, Irivn Deronna est particulièrement brillant. Il est le premier élève de l’histoire de l’Académie à dépasser la barre des quatre mille points sur la simulation de la bataille d’Oceanus et parvient à remporter la bataille de la nébuleuse d’Enkta avec seulement la moitié des forces coalisées originales. En 5717, il est diplômé de l’Académie Navale et arrive troisième de sa promotion en raison d’une notation plus sévère que celle des autres élèves. Devenu officier de la flotte, il est affecté à bord de la frégate Rasshka du 6e Groupe de Combat Aérospatial en tant que premier lieutenant et officier en second du bâtiment. Au cours de sa carrière, Irvin Deronna a monté un à un les échelons de la hiérarchie militaire. En 5722 il reçoit son premier commandement en tant que capitaine de la frégate Dalik’oras. C’est cette même année qu’il se marie avec une experte en ingénierie spatiale qu’il fréquente depuis ses débuts à l’Académie de Gataël. Leur premier fils, Ferris, naitra deux ans plus tard, le second, Aleksei, naitra en 5728. Lors du grand exercice interarmées de 5729, les actions de sa « meute », comme on appelle les groupes de frégates combattant en formation, lui valent d’être remarqué par le Grand Amiral Lokirec en personne qui appuie sa promotion au grade de commandant et le fait muté sur le croiseur lourd Némésis. Il devient ainsi le commandant en second du 6e GCA. Officiellement sous ses conseils et officieusement sous ses ordres, son unité remporte la coupe interflotte pendant quatre années consécutives de 5731 à 5734. Particulièrement apprécié de ses subordonnés pour son style direct et audacieux, il consacre une grande énergie à la formation des officiers sous ses ordres et à développer la cohésion de son unité pour faire d’elle selon ses propres termes « un organisme vivant qui voit, agit, sent et réagit non pas d’un seul bloc, mais là où il le doit et de la manière la plus appropriée ». Le Grand Amiral Lokirec profite de la retraite de l’un de ses amiraux en 5741 pour récompenser les résultats de Deronna en le nommant à la tête du 3e GCA qu’il dirigera depuis le croiseur Maelstrom avec le grade d’amiral. Devenu l’un des quinze personnages les plus importants de la flotte coalisée, son métier prend une tournure bien plus politique. Bien que tentant de rester à l’écart du jeu de pouvoir qui anime aussi bien l’état-major que le Sénat, l’amiral Deronna ne peut s’abstenir de prendre position tandis que commence à se développer la crise qui mènera à l’avènement des Croisés. En 5749, la commission militaire d’enquête diligentée par le Grand Amiral Oggan conclut que le risque de défection au sein de la flotte ne devrait pas dépasser les 5% et que l’armée coalisée devrait donc conserver une large suprématie numérique qui permettrait de garder en laisse une hypothétique armée croisée. L’amiral Deronna et l’amiral Hitias du 6e GCA furent les premiers à contester ce rapport et à pointer le risque d’une armée coalisée non-préparée et incapable de défendre ses frontières. Ils insistèrent également sur le risque de voir de nombreuses troupes déserter non pas individuellement, mais par équipages entiers emmenant leurs vaisseaux avec eux. Ils accusèrent également la commission d’enquête de sous-estimer la diffusion des idées politiques des Croisés parmi les troupes, qu’un mouvement ayant des ramifications au sein même du Sénat pouvait facilement les étendre à l’armée. Le Grand Amiral Oggan négligea cette opinion qu’il jugeait bien trop alarmiste. C’est à cette époque qu’a commencé à se cristalliser l’animosité entre les deux humains. Lorsque survint la sécession des Croisés en 5755 avec la désertion de 31% de l’armée, Deronna remonte au créneau en appelant à doter la flotte de la capacité nécessaire pour défendre le territoire coalisé. Marginalisé au sein de la structure militaire par le Grand Amiral et ses proches conseillers, il doit alors contre son gré faire ses premières armes en politique. N’hésitant pas à prendre des mesures pour court-circuiter Oggan, il passe directement par certains sénateurs ayant montrés des opinions en accord avec les siennes. Jouissant d’un grand respect parmi les troupes fidèles à la Coalition et de l’appui de quelques officiers hauts-gradés, il s’attire la sympathie de ces sénateurs par son approche directe des choses et sa volonté de préserver la Grande Coalition. Malheureusement pour lui le Grand Amiral Oggan jouit à l’époque d’un plus grand support et demeure en position de bloquer toutes ses tentatives de redéfinir la mission principale des forces armées coalisées notamment grâce au soutien du sénateur Urbain. Oggan, qu’il considère comme une marionnette sans imagination s’agitant selon la volonté d’Urbain, lui oppose un refus catégorique sur la plupart de ses propositions et s’évertue à le neutraliser politiquement. Cette mise à l’écart tournera pourtant à l’avantage de Deronna qui se trouvera ainsi exclu de l’opération Hagen en 5757 et sera donc épargné par le scandale qui coûtera son commandement à l’amiral Cho’vac du 10e GCA. Mais pour cet officier déterminé à être préparé à l’inévitable affrontement, la déchéance viendra des combats. L’invasion des Croisés en 5759 mène le Sénat à adopter une politique ambivalente : les forces coalisées sont déployées et envoyées au front, mais sans autorisation de combattre. L’amiral Deronna émet de vives protestations face à ce qu’il décrit comme une absurdité complète et tente de faire appel à ses soutiens politiques pour infléchir les ordres de l’état-major et les directives du Sénat. La mainmise des pacifistes sur le Sénat empêche toute modification des consignes d’engagement et le soldat ne peut qu’obéir sans discuter davantage. Le 3e GCA, resté aussi bien fidèle à la Grande Coalition qu’à son amiral, est envoyé sur la planète Charrys, des rapports indiquant que le 5e GCA croisé devait se diriger dans cette direction après avoir pris deux autres planètes de la voie Lonéenne. L’amiral fit déployer des mines spatiales IEM devant sa flotte, mais lorsque les Croisés arrivèrent, elles ne firent guère plus que les ralentir de quelques heures alors que les canons des vaisseaux coalisés restaient muets. N’ayant pas d’autre choix que de suivre les ordres, Deronna ordonna à sa flotte de battre doucement en retraite, espérant que les Croisés enhardis par leur assaut ouvrent le feu sur lui, lui donnant l’occasion de justifier une riposte. Mais tandis que la flotte coalisée passait en hyperespace les vaisseaux ennemis se préoccupaient uniquement de la planète. La dernière vision que Deronna eut de Charrys fut de voir les vaisseaux ennemis fondre sur la planète depuis l’écran de son écran de contrôle. Pour l’amiral la défaite fut d’autant plus dure à encaisser que ses ordres ne lui permettaient pas de faire ce que son devoir réclamait de lui alors que des rumeurs courraient dans la flotte concernant des pillages et des brutalités contre des civils. Cinq mois plus tard, au début de l’année 5760, le 3e GCA fut envoyé sur Tenesha avec les mêmes ordres et les mêmes objectifs, mais pour l’amiral il n’était plus question de se laisser faire cette fois-ci. Réadaptant sa stratégie initiale, Deronna fit déployer ses vaisseaux sur le vecteur d’approche des Croisés avec le champ de mines IEM derrière lui, camouflé parmi les satellites en orbite haute de la planète. Selon son habitude, une fois sortie d’hyperespace la flotte croisée avança droit vers la planète. Le 3e GCA manœuvra alors en se scindant en deux, laissant le passage aux Croisés mais en se retrouvant ainsi sur leurs deux flancs de l’ennemi. Rendu confiant par l’apparente docilité de la flotte coalisée, l’amiral croisé lança les opérations de débarquement. La surprise fut générale dans les rangs des Croisés quand l’avant-garde de chasseurs déclencha les mines. Plusieurs dizaines d’appareils furent mis hors service par les impulsions électromagnétiques qui réduisirent à néant l’électronique embarquée. Aussitôt les croiseurs coalisés ouvraient le feu sur les arrières gardes de l’ennemi et ses transports de troupes. Conscient de la marge de manœuvre limitée dont il disposait, Deronna se contenta de pilonner les boucliers des Croisés pendant quelques minutes avant de passer en hyperespace tandis que l’ennemi se mettait péniblement en formation de combat. Il espérait que cette fois les Croisés y réfléchiraient à deux fois avant d’attaquer à nouveau. Ce qui ne fut qu’une simple escarmouche eut une très forte répercussion au sein de la Grande Coalition. Bien qu’il n’y ait eu officiellement aucune victime dans aucun des deux camps, la bataille de Tenesha devint le scandale de Tenesha et l’amiral Deronna fut convoqué par le Sénat. Dans l’une des petites salles de conférence d’un corridor secondaire de l’immense édifice, cinq sénateurs de la commission aux affaires militaires passèrent en revue les témoignages des différents intervenants. Ce qui devait être une commission d’enquête sur les évènements survenus prit vite les allures d’une cour martiale et Deronna faisait figure d’accusé. Malgré une argumentation convaincue de l’amiral quant à l’inefficacité de l’armée au vu des règles d’engagement édictées par le Sénat et la légitimité de son action sur Tenesha, le verdict des sénateurs fut sans appel. Jugé coupable d’avoir par ses actions délibérées mit en péril la sécurité de la Grande Coalition et pour avoir effectué des actions de guerre sans l’aval du Sénat et de sa hiérarchie militaire, l’amiral Irvin Deronna fut dégradé sur le champ et exclu des cadres de l’armée pour conduite déshonorante. En égard à sa carrière sans tâche, aucune sanction judiciaire ne fut retenue. Son unité fut retirée du front jusqu’à ce que les responsabilités individuelles de chacun de ses officiers soient établies, une éventuelle dissolution de ce groupe de combat étant envisagée. Le vieux soldat encaissa le choc, mais alors qu’on lui demandait s’il avait une dernière chose à dire avant d’être reconduit hors du Sénat il regarda chacun de ses juges et leur dit « Les Croisés sont à nos portes et nous devons choisir entre la guerre et le déshonneur, vous continuez aujourd’hui à privilégier le déshonneur alors que bientôt nous n’aurons plus d’autre choix que de faire quand même la guerre ». Libéré de ses obligations envers l’armée, Irvin Deronna choisit de se retirer au loin de la politique et de tout ce qui pouvait lui rappeler son ancienne vie. Il quitta Sircona pour rejoindre son monde natal de Cehlesa où il s’installa dans une propriété reculée pour vivre paisiblement loin d’une galaxie au bord du chaos. Mais l’armée n’en avait pas fini avec lui. En 5762 Irvin Deronna fut rappelé sous les drapeaux juste après la chute d’Arkos. Cette bataille avait suffisamment ébranlé les esprits pour que le changement de politique au Sénat mette en position de force les soutiens de l’ancien amiral dont notamment la sénatrice Tiash Kassha. Celle-ci parvint à convaincre ses collègues que seul l’amiral déchu était en mesure de reprendre l’ancienne capitale. En un temps record, Deronna rassembla son 3e GCA précédemment dissous et dont les vaisseaux avaient été affectés à d’autres unités, mais ce qui impressionna le plus ses homologues du haut commandement coalisées fut de voir avec quelle ferveur les soldats du 3e GCA accueillirent leur ancien officier dont la popularité parmi les équipages était restée intacte. Deronna triompha sur Arkos grâce à ses tactiques audacieuses qui lui avaient valu sa dose d’ennuis à l’époque de l’Académie Navale, mais sa revanche ne fut totale qu’à son retour sur Sircona. La médiatisation sans précédent de la seconde bataille d’Arkos avait offert à Deronna un statut de héros pour la population et les militaires habitués aux replis successifs de la flotte coalisée, et avec la disgrâce du Grand Amiral Oggan rendu responsable du manque de combativité de l’armée et jugé inapte à conduire des opérations de guerre, Irvin Deronna fut promu Grand Amiral et nommé commandant en chef des forces armées de la Grande Coalition. Bien que meurtri par la perte de son fils aîné, le capitaine Ferris Deronna, à la bataille d’Arkos, le nouveau Grand Amiral lança aussitôt en fonction une campagne de reconquête des territoires abandonnés aux Croisés en s’appuyant sur des officiers de confiance, mais surtout compétents. La série de combats qui s’ensuivit permit à la Grande Coalition de récupérer une bonne portion du terrain perdu, dont un grand nombre de planètes stratégiques vitales à l’effort de guerre. Tout en dirigeant ses troupes au cœur des affrontements avec les Croisés, le Grand Amiral lança la modernisation de la flotte coalisée à travers ce qui fut appelé « les trois points de Deronna ». En relançant la production militaire et en réformant l’Académie Navale, il s’assura de disposer d’une armée moderne capable non seulement de survivre au début du conflit, mais également de contre-attaquer vers le territoire ennemi. Il fut également à l’origine de la création du Centre de Conventone en 5770, et bien qu’il n’y ait que vaguement participé, la majorité de cet accomplissement étant l’œuvre du Grand Sage Sirice, son nom resta associé au projet. Irvin Deronna meurt d’une rupture d’anévrisme en 5776 alors qu’il avait lancé une série d’opérations destinées à exploiter le succès de l’attaque du secteur 567. Sa mort brutale bien qu’elle fut un choc moral pour la Grande Coalition n’eut aucun impact direct sur l’armée. En 5776 les réformes apportées par l’ancien amiral donnaient leurs premiers fruits et aussi bien le haut-commandement coalisé que ses officiers de terrain et ses troupes avaient gagné la compétence nécessaire pour poursuivre la guerre en se retrouvant livrée à eux-mêmes. Le Grand Amiral Irvin Deronna eut droit à des funérailles grandioses auxquelles assistèrent les trois quarts du Sénat et des officiers supérieurs de la flotte. L’amiral déchu avait fait son entrée au panthéon des héros de la Grande Coalition.
  7. renedelaq

    Conventone

    http://img11.hostingpics.net/pics/253413RENEchapitre7.png ~ Conventone ~ Retour à l'innovation... La seconde bataille d’Arkos a marqué un tournant dans la guerre. La victoire militaire s’est transformée en victoire politique pour les partisans de la riposte et une série d’amendements fut votée. Les militaires retrouvèrent une certaine liberté d’action et, même si les opérations ou les décisions les plus ambitieuses restaient soumises à l’approbation du Sénat, désormais la flotte avait l’autorisation d’engager l’ennemi sans devoir requérir l’aval des politiques. La défaite humiliante de la première bataille d’Arkos, suivie du succès retentissant de la seconde, entraînèrent des modifications à la tête de l’état-major coalisé. Le Grand Amiral Oggan fut démis de ses fonctions de commandant en chef des forces armées coalisées et remplacé par l’amiral Deronna, tandis que de nombreux officiers de carrières se voyaient remplacés par de jeunes officiers plus combatifs, plus compétents et plus audacieux que leurs prédécesseurs. Le vide créé par la défection d’une partie du corps des officiers avait entraîné un appel d’air en faveur de personnalités moins timorées, et, de fait, la plupart des étoiles montantes de la flotte coalisée avaient déjà servi à un moment ou un autre de leur carrière sous les ordres du nouveau commandant en chef. Celui-ci lança, dès sa prise de fonction, une série d’opérations sur toute la ligne de front, brisant net l’élan jusque-là implacable des Croisés. Profitant de l'effet de surprise, la flotte coalisée remporta plusieurs succès notamment en reprenant sans coup férir plusieurs mondes stratégiques mal sécurisés par l’armée croisée, habituées à l'absence d'opposition. D’autres mondes furent repris sans le moindre combat. Sur ces planètes, les escadres croisées se retirèrent sans affrontement. Pour soulager la pression sur ses avant-gardes, la flotte croisée entama plusieurs assauts contre des mondes coalisés d’intérêt mineur. Refusant de tomber dans le piège, l’amiral Deronna ordonna de maintenir la pression sur les troupes d’élites croisées battant en retraite vers leur territoire, préférant sacrifier des colonies stratégiquement inutiles plutôt que de laisser passer l’occasion de sérieusement entamer les effectifs et le moral de l’ennemi. Cette seconde phase du conflit permit à la Grande Coalition de reprendre une majorité des planètes perdues lors des premiers combats. Mais même si la flotte croisée était significativement affaiblie, l’amiral Deronna savait qu’il ne pouvait pas reprendre l’intégralité du terrain perdu. Le recul de la flotte croisée vers une ligne de front moins étendue lui avait permis de se densifier et d’être enfin en mesure de bloquer les contre-attaques coalisées. La victoire de la flotte croisée sous le commandement d'Arslan à Echeia en est l'exemple le plus criant. De plus, l'industrie militaire de la Coalition venait juste de reprendre alors que celle des Croisées tournait à plein régime depuis plusieurs années déjà. Elle leur permettait de combler assez promptement les pertes en vaisseaux tandis que la Coalition risquait de ne pas pouvoir se remettre d’un combat trop coûteux. Il était vital pour la Coalition d’éviter une ou plusieurs victoires à la Pyrrhus qui lui auraient fait perdre tout ce qu’elle avait pu reprendre jusque-là. En attendant de pouvoir recevoir un flot continu de matériel neuf, la flotte coalisée passa en position d'attente, tout en continuant d'effectuer des attaques éclair contre les positions croisées. Les Grands Sages avaient déjà entrepris de dresser un plan imparable décrivant la future campagne militaire qui assurerait la victoire à la Grande Coalition. Ce travail était long et fastidieux, et le commandant en chef de l’armée savait qu’il ne pouvait pas se permettre de rester dans l’expectative. Ayant paralysé l’offensive croisée et en attendant de pouvoir reprendre la sienne, l’amiral Deronna lança une série de chantiers destinés à apporter la victoire à la Grande Coalition. Le premier fut la réforme de l’académie navale afin de se doter d’une nouvelle génération de combattants et d'officiers prenant davantage pour référence les batailles d’Arkos que la bataille d’Oceanus. Le deuxième chantier fut la modernisation de la flotte. Les centres de production spatiale avec des docks orbitaux comme Telakos ou Gévaliane se remirent à produire en série des vaisseaux de guerre, tandis que leurs départements de recherche et développement recevaient les cahiers des charges, non seulement, pour l’amélioration des appareils existants, mais aussi et surtout pour la mise en service dans les prochaines années de vaisseaux de combat aux dimensions et performances très nettement revues à la hausse. Conscient que les Croisés devaient suivre cette même voie, étant donné que beaucoup d'officiers avaient rejoint les Croisés après le lancement des chantiers spatiaux de Xerigordon, Deronna demanda au Sénat de lui fournir un troisième atout. En 5765 il présenta aux sénateurs un plan basé sur l’hypothèse, plus que probable à son sens, d’un conflit de longue durée dans lequel le vainqueur serait celui qui saurait se montrer le plus apte à faire évoluer stratégie et technologie. Les sénateurs et les Grands Sages, sachant pertinemment que c’était sa supériorité technologique qui avait permis la victoire lors de la Guerre des Hydres, décidèrent de donner leur accord à un plan de développement scientifique. C’est ainsi que fût lancée la construction du centre de recherche de Conventone. Pourtant ce vote de confiance à l’égard de l’armée cachait en réalité de discrètes, mais bien réelles luttes de pouvoir. De nombreux sénateurs restaient particulièrement méfiants à l’égard de l’amiral Deronna. Ses positions d'avant-guerre en faveur de la remilitarisation lui avaient déjà valu maints reproches et aujourd’hui son style de commandement était la source de nombreuses inquiétudes. Beaucoup jugeaient sa position actuelle comme potentiellement plus dangereuse encore pour la Grande Coalition que les armées croisées. Commandant en chef de l’armée, il jouissait pour ainsi dire des pleins pouvoirs quant à la conduite des opérations. Les sénateurs redoutaient son emprise sur l’armée et commençaient à se demander où irait la loyauté des troupes en cas de conflit entre son commandant et le pouvoir légitime incarné par le Sénat. Cette crainte était inspirée par l’énorme popularité dont il disposait auprès de la population et au sein de l'armée grâce à son statut de héros issu aussi bien de la 2nde bataille d’Arkos que de la libération de plusieurs autres planètes. Un chef militaire tout puissant avec un fort soutien populaire risquait à terme de faire basculer le régime politique coalisé en dictature si jamais l’envie lui en prenait. Pour ses détracteurs, diminuer le pouvoir de Deronna était vital pour assurer la sauvegarde de la démocratie coalisée, mais ils se heurtaient à plusieurs difficultés. Tout d’abord l’absence d’alternative pour le remplacer à son poste de commandant en chef. Presque tous les candidats privilégiés par les anciens partisans de la solution pacifique, adeptes de la soumission complète de l’armée sur le modèle issu de la Guerre des Hydres, étaient soit discrédités par leur inaction du début de la guerre, soit jugés trop inexpérimentés pour tenir tête aux Croisés. L’autre difficulté était que même s’il s’était fait un bon nombre d’ennemis, Deronna jouissait d’un grand nombre d’appuis au sein même du Sénat, avec notamment les sénateurs Tiash Kassha et Antonus. Aleksei Deronna, le propre fils de l’amiral qui avait été élu aux élections de 5764, se posa lui aussi en fervent défenseur des militaires. Ayant lui-même participé à la libération d’Arkos en tant que capitaine de la frégate Xenus, ses avis sur les questions de défense suscitaient toujours une grande attention. Ses plaidoyers pour donner à la Grande Coalition les moyens de surmonter ce conflit avaient une grande influence sur nombre de ses collègues qui lui reconnaissaient une expérience pratique de la guerre. Ainsi, même si une partie du Sénat restait méfiante à l’égard de l’amiral, la crainte d’une nouvelle offensive croisée restait le meilleur atout de Deronna. C’est pourquoi le Sénat, bien que relativement divisé, suivi ses recommandations et vota des fonds exceptionnels pour accélérer la mise en place de ce qui fut appelé par la suite « les trois points de Deronna », et tout particulièrement le plus ambitieux d’entre eux, l’achèvement du centre de Conventone. Qualifié de projet scientifique le plus important depuis l’invention du portail spatial, le centre de Conventone était le pôle de recherche le plus important jamais créé. Le personnel de recherche comportait plusieurs milliers des plus brillants scientifiques de leur temps ainsi qu'une dizaine de Grands Sages. Le champ des recherches couvrait toutes les disciplines possibles depuis l’agriculture jusqu’à l’hyper-propulsion en passant par la physique des plasmas et les alliages métalliques souples ou l’élevage des bactéries en milieu non-contrôlé. Le centre comptait une infinité de laboratoires et une multitude de salles d’essai dont la taille allait de la simple paillasse à celle d’un hangar capable d’accueillir une frégate. Étant donné l’importance stratégique de ce site, un imposant dispositif militaire assurait la protection des lieux tandis que le tout nouveau service de contre-espionnage coalisé installait lui aussi une antenne à l’intérieur même du centre. Rien ne devait entraver le travail des chercheurs, et surtout pas des Croisés avides de connaitre les secrets de leurs adversaires. Le centre de recherche de Conventone ouvrit ses portes en 5770 en présence du Grand Consul Pire’ego, d’une cinquantaine de sénateurs, du Grand Sage Sirice, du général Korven et de l’amiral Deronna. La présentation des locaux fût suivie par une brève allocution des quatre personnes les plus impliquées dans le programme : le docteur Shelton, premier directeur du complexe, le Grand Sage Sirice, nouveau responsable scientifique de l’ANSA depuis la fin tragique du département d’Arkos, le sénateur Calius, premier président de la commission des projets spéciaux, organe sénatorial chargée de superviser la recherche scientifique à vocation militaire, et enfin l’amiral Deronna. « Un jour un éleveur de poulets alla trouver un scientifique et lui demanda comment faire augmenter ses gains. Le scientifique lui répondit qu’il avait la formule parfaite, mais qu’il fallait que les poulets soient dans le vide et en mouvement supranewtonien. Cette vieille blague illustre bien notre tâche : la Coalition nous a posé une question simple pour un problème complexe dont la solution semble hors de portée. Notre rôle sera de créer les facteurs pour résoudre l’équation la plus importante de notre époque. Je sais qu’ensemble nous y arriverons. La Science triomphera.» « Nous allons être confrontés au plus grand défi scientifique de ces derniers millénaires : faire évoluer notre technologie pour assurer la victoire de la Grande Coalition. Nous devrons passer par delà les habitudes et les conventions, nous devrons tout réapprendre et tout redécouvrir. Nous ne ménagerons pas nos efforts, car c’est à nous de donner par notre travail l’impulsion qui assurera la victoire. » « À travers la construction de cette entité d'élite qu’est le centre de Conventone, le Sénat coalisé exprime sa totale confiance dans le corps scientifique, dans votre capacité à vous dépasser, à innover pour notre salut. Aujourd’hui, nous prenons l’engagement solennel de tout mettre en œuvre pour vous donner les moyens de repousser les limites du connu, de trouver les moyens qui permettront le développement de la technologie de pointe. L’avenir se joue dans le présent, et vous êtes notre meilleur atout. » « Les Grands Sages gagnent les guerres, mais c’est à nous qu’il advient de remporter les batailles. C’est la lourde tâche des soldats sur le front, des ouvriers dans les chantiers orbitaux et des scientifiques dans les laboratoires. C’est votre mission. Vous allez entamer une course de vitesse avec vos homologues d’en face pour nous donner les moyens de l’emporter. Scientifiques et Grands Sages ont déjà collaboré par le passé pour sauver la Grande Coalition, et aujourd’hui c’est votre tour. Apportez nous la solution et jamais autant d’êtres vivants n’auront dû autant envers si peu d’entre eux. » http://docs.virtual-developpement.fr/max/or_genese_logo_separation.jpg Lexique Topic de discussions Add-on n°2-7 : Les Grands Sages et la guerre
  8. ~ Les Grands Sages et la guerre ~ La guerre contre les Croisés a marqué une évolution du rôle des Grands Sages en temps de guerre. La perte du centre d’Arkos qui avait vu la mort de nombreux Grands Sages et de la plupart des initiés en formation avait sévèrement entamé leur effectif et leur capacité à renouveler leur population. Pourtant, c’est tout naturellement qu’ils se joignirent à l’effort de guerre coalisé. Comme au cours de la Guerre des Hydres, la première tâche à laquelle s’attelèrent les Grands Sages dès la fin de la reconquête d’Arkos fut de mettre au point le plan qui permettrait à la Grande Coalition d’émerger victorieuse de son combat contre les Croisés. En se basant sur l’expérience acquise à l’époque de la guerre contre les Piscilliens, il semblait évident au premier abord que la tâche serait bien plus aisée : les Croisés partageaient la même technologie et la même mentalité que les coalisés, il était donc bien plus évident d’évaluer leur stratégie et de la contrer que face à une espèce extracoalisée presque inconnue. Pourtant, il s’avéra très vite que cette tâche était vouée à l’échec. La mise au point de la stratégie des Grands Sages se base tout d’abord sur l’estimation des moyens à mettre en œuvre, de l’appréciation de la stratégie globale de l’adversaire et de l’adéquation des moyens militaires coalisés en terme d’effectifs, de vaisseaux et de moyens de production. Ils commencèrent donc l’évaluation des moyens de l’ennemi et ses objectifs militaires. Les services secrets coalisés avaient infiltré de nombreuses strates de la société croisée, ce qui n’était pas surprenant puisqu'après tout il s’agissait d’une branche de la même civilisation, d’où une certaine facilité pour recueillir des renseignements. Ainsi contrairement à la Guerre des Hydres où le seul moyen de réunir des informations était l’emploi de sondes d’espionnage, les opérations des services de renseignement pouvaient croiser les différentes sources et donc augmenter la fiabilité des informations obtenues. Pourtant, cette mission se révéla extrêmement difficile voir hasardeuse au vu de l’excellent travail fourni par les services de contre-espionnage croisés. Contrairement aux Piscilliens qui n’avaient que peu, voir pas, de moyens de contrer la technologie d’espionnage dénerienne, les Croisés mirent en place un puissant système de protection de leurs secrets. Sécurisation des sites stratégiques, cryptage des données, missions de désinformation et autres jeux d’espions étaient devenus la norme à tous les échelons de l’armée et de l’administration croisée. Comment prédire le plan de bataille de l’ennemi quand on ne pouvait même pas savoir de combien de vaisseaux il disposait ? Rien n’était vrai, tout était possible. L’incapacité des Grands Sages à lire les intentions des Croisés bloqua la mécanique de l’anticipation. À quoi bon planifier les moyens militaires si personne ne savait où les déployer ? Au final, la reconquête qui suivit la libération d’Arkos fut essentiellement guidée par les stratèges militaires, notamment le Grand Amiral Deronna. Le rythme des combats et les revirements de situation de ce nouveau conflit avaient imposé un changement sur la direction des opérations militaires. L’analyse froide et complexe des Grands Sages avait été obligée de laisser la place à une approche plus instinctive, mais tout aussi rigoureuse des amiraux et généraux coalisés. Bien qu’ils continuèrent par la suite à participer aux réunions des militaires pour les assister dans l’élaboration des plans de reconquête ou la mise au point de l’invasion de certaines planètes parmi les plus importantes, leur action au niveau stratégique fut sérieusement entamée. Toutefois, les Grands Sages restaient dans leur genre des officiers talentueux. Certains prirent la tête de flottes de combat pour apporter leur savoir-faire et leurs connaissances jusqu’au cœur du combat. De nombreux amiraux furent surpris par les dons de tacticiens que pouvaient montrer nombre d’entre eux. Plusieurs batailles tournèrent à l’avantage des armées coalisées grâce à la présence d’un Grand Sage à leur tête. Ils furent un renfort inespéré à l’époque où les militaires coalisés n’avaient pas la moindre expérience du combat en étant de par leurs connaissances les seuls à savoir comment mener efficacement un combat. Ils aidèrent les militaires à passer de la formation théorique et des exercices de l’Académie Navale à la réalité des champs de bataille à une époque où l’armée coalisée était à reconstruire. Le Grand Amiral Deronna en personne affirma que les Grands Sages avaient joué un rôle déterminant dans l’apprentissage de la Guerre des troupes coalisées. Mais c’est avant tout par ce qu’ils le faisaient mieux que les Grands Sages apportèrent leur soutien à la Grande Coalition : la recherche. En tant que génies scientifiques, ils furent d’une aide inestimable pour participer aux grands travaux de recherche qui allaient transformer la nature même des combats. Ce fut une équipe de Grands Sages qui forma le noyau de base des chercheurs du centre de Conventone. Guidés par le Grand Sage Sirice, ils sélectionnèrent les meilleurs scientifiques et les assistèrent de leur immense savoir sur les projets les plus ambitieux. Même s'ils ne pouvaient se targuer d'une créativité aussi impressionnante que celle de ceux qu'ils accompagnaient, au moins avaient-ils une vision. Leur durée de vie leur permettait de penser les projets sur une plus longue durée que ce qui était communément acquis pour les individus normaux et ainsi leur donner une nouvelle dimension. Si certains équipements furent développés à Conventone c'est parce qu'un Grand Sage en avait vu le potentiel plusieurs décennies auparavant. Ce qui semblait devoir prendre des années pour être amené à maturité n'était rien selon l'échelle de temps des Grands Sages, seul comptait la volonté d'atteindre le but. S’ils ne pouvaient guider les armées de la Grande Coalition, alors au moins pouvaient-ils leur donner de quoi faire la différence sur le champ de bataille. C'est ainsi qu'ils entamèrent leur dur labeur pour accomplir leur devoir sacré : aider la Grande Coalition à triompher des épreuves.
  9. http://img11.hostingpics.net/pics/415336RENEchapitre5.png ~ L'offensive croisée ~ La fin d'un monde... Alors que le Sénat coalisé espérait maintenir la paix, les Croisés agissaient. Tirant leurs propres conclusions de l'incident de Sirios, ils décidèrent que la seule solution pour garantir la survie de leur peuple était de s'imposer avant que la Grande Coalition ne deviennent plus agressive. Après tout, c'était bien les sénateurs coalisés qui promettaient la paix d'un côté et qui envoyaient des flottes de guerre de l'autre. Il semblait évident qu'une riposte coalisée se préparait pour répondre à l'attentat perpétré au Sénat. C'est pourquoi quelques heures à peine après la Chute des Kyrènes, la flotte croisée pénétrait dans l'espace coalisé. Les premiers attaques visaient des mondes de faible intérêt, minuscules colonies minières et communautés isolées. L'objectif était d'acquérir des avant-postes en territoire coalisé en vue de contrôler la riposte éventuelle de la flotte adverse. Mais quand enfin les échos des combats atteignirent Sircona, le Sénat, d'abord abasourdi puis choqué, décida de maintenir sa ligne de conduite. Les Croisés n'étaient pas les Piscilliens, on pouvait sans doute les raisonner pour que cesse cette folie. Tandis que le Sénat envoyait des ambassadeurs sur Delubrone, capitale croisée, la flotte coalisée reçut l'ordre de se diriger vers la ligne de front et de protéger les planètes attaquées, et ce sans recourir à l'usage des armes dans la mesure du possible. Tout devait être fait pour préserver les chances d'une résolution pacifique. D'abord hésitante, la flotte croisée continua doucement sa progression et, en un an et demi, seules six planètes importantes avaient été capturées. La fuite des défenseurs à chaque offensive permis aux Croisés de s'enhardir. La prudente initiale se transforma en une massive ruée vers l'avant. Les planètes coalisées tombaient les unes après les autres. Hulm fut prise en moins d'une semaine, Troaj capitula dès l'arrivée des envahisseurs, Tenesha riposta brièvement avant de se rendre. Partout les vaisseaux croisés progressaient sans rencontrer d'opposition. Finalement les gouvernants croisés décidèrent que le temps était venu de frapper encore plus haut, de démontrer à l'ensemble de la Coalition sa propre arrogance et l'ineptie de ses dirigeants en l'attaquant au cœur. Le gouvernement de Delubrone vota à l'unanimité l'invasion d'Arkos. La flotte des Croisés apparut à environ cinq cent milles kilomètres d’Arkos et se mit aussitôt en formation d’assaut. Le 1e groupe de combat aérospatial qui patrouillait en orbite autour de l’ancienne capitale se porta immédiatement à sa rencontre et se plaça en position défensive à mi-chemin des assaillants. Le grand amiral Oggan qui commandait l’unité lança aussitôt l’habituel message d’avertissement. - Ici le 1er groupe de la flotte coalisée. Vaisseaux croisés, vous êtes dans le système solaire d’Arkos, planète sous la protection du Sénat et de la flotte de la Grande Coalition. Veuillez faire immédiatement demi-tour. Personne sur la passerelle ne se faisait d’illusions. Depuis le début des « événements » comme disaient les sénateurs, c’était la huitième fois que la flotte du 1er groupe lançait le même avertissement. La réponse ne se fit pas attendre. Les vaisseaux lourds croisés ouvrirent le feu dès qu’ils furent à portée. Les tirs des croiseurs n’eurent aucun effet physique sur les appareils coalisés dont les boucliers absorbèrent sans peine les dégâts. En revanche, à peine les premières salves avaient-elles atteint leurs cibles que la flotte coalisée rompit la formation et se plaça sur un vecteur de fuite. Conformément aux directives du Sénat, le 1er groupe de combat aérospatial passa en hyperespace plutôt que de combattre les Croisés. Pour la huitième fois. L’obéissance stricte aux ordres prenait un goût particulièrement amer pour les hommes et les femmes de l'armée coalisée. En quelques minutes, la flotte croisée de l’amiral Osuss s’étaient emparé de l’orbite d’Arkos. L’invasion pouvait commencer. C’était un immense honneur pour l’amiral Osuss que d’être nommé à la tête de la flotte croisée chargée de l’invasion d’Arkos. Le monde natal de l’humanité, l’ancienne capitale de l’Alliance Pionnières des Négalis, était depuis l’espace comme un immense fruit bien mûr qui n’attendait que d’être cueilli. La planète était plus qu’un symbole, elle regorgeait littéralement de toutes les figures de proue de la Coalition : Le vieux Sénat, la bourse galactique d’Arkos, le quartier-général des opérations militaires pour la nébuleuse d’Ajaa, le centre de formation des Grands Sages, le musée de la conquête galactique, l’université d’Arkos, et tant d’autres encore. Les bâtiments chargés d’histoire recouvraient la planète, mais ils étaient avant tout les symboles d’un passé déchu. Ils devaient faire place au renouveau apporté par les Croisés. Les ordres étaient clairs : faire aux milliards d’habitants d’Arkos la démonstration de la puissance des Croisés. Tandis que la flotte se positionnait autour de la planète et que les transports de troupes se dirigeaient vers la surface, sur la Grande Place d’Arkos, le portail spatial s’activait. Sous la protection des bombardiers légers et des chasseurs sortant des flans des croiseurs lourds, les premières vagues d’infanterie croisée commencèrent à déferler, puis une fois leur position sécurisée elles se déployèrent le long des avenues de l’immense cité. Aucune unité coalisée ne tenta de s’opposer. Les quelques militaires présents se rendirent aussitôt plutôt que de combattre et les forces de l’ordre avaient, de même que les civils, déserté les rues. Pour les civils qui, depuis les tours de la capitale, pouvaient assister à l’invasion, le spectacle était inimaginable. Ils regardaient, choqués et stupéfaits, les soldats croisés s’emparer de cette planète qui n’avait plus connu de conflit depuis des millénaires. Même les combats de la Guerre des Hydres n’avaient jamais été porté jusqu’aux plaines de Simérion, et pourtant, en cette année 5762, c’était par ses propres enfants qu’Arkos était soumise. Mais il ne pouvait y avoir de bataille sans combats. Jusqu’à présent les choses s’était déroulées plutôt en douceur et les troupes d’assaut agissaient de manière un peu brutale mais sans effusion de sang. Visiblement les militaires coalisés continuaient à suivre à la lettre les consignes du Sénat sans montrer le moindre signe d’improvisation ou d’initiative. Il était temps désormais de s’imposer. L’amiral Osuss donna l’ordre d’ouvrir le feu et aussitôt les vaisseaux croisés commencèrent le pilonnage. Leur cible : les bâtiments administratifs et gouvernementaux. L’ordre ancien devait laisser place à l’avenir. De gigantesques colonnes de lumière déchirèrent le ciel, crevant les nuages épars de cette fin d’après-midi sur le méridien du portail spatial. Puis vinrent les explosions. Les trois tours du Sénat s’effondrèrent sur son hémisphère sous l’impact des tirs orbitaux. Le quartier-général fut protégé quelques secondes par ses boucliers avant qu’ils ne cèdent. Le bâtiment fut pulvériser, tuant tous les militaires qui s’y étaient réfugiés au-lieu de se rendre. Le centre des Grands Sages n’était plus qu’une tempête de flammes. Ce site millénaire fut détruit en quelques secondes, provoquant la perte des Grands Sages qui s’y trouvaient sans distinctions entre jeunes et anciens, élèves et formateurs. La stupéfaction avait fait place à l’épouvante pour les civils, témoins impuissants de la fin de l’idéal pacifique de la Grande Coalition. Des immeubles entiers furent rasés, des quartiers anéantis. Les Croisés s’étaient emparés d’Arkos. Bien que la plupart des services d’urgences soient demeurés intacts, la destruction depuis l’orbite des centres décisionnels planétaires avait paralysé l’action des forces de l’ordre et des équipes de secours, les limitant à des actions très localisées. La première mesure de l’armée d’occupation fut d’instaurer un couvre-feu et une limitation de circulation pour les habitants tandis que des sections d’infanterie étaient dédiées aux opérations de police. La loi martiale était jusqu’à présent restée une mesure d’exception sur les planètes conquises mais la démographie d'Arkos ne laissait pas d'autre choix pour s'en assurer le contrôle. Les bâtiments d’importance stratégique, comme les centrales énergétiques, les stations de pompage et d’épuration des eaux ou les centres de contrôle du trafic urbain, furent placé sous contrôle direct des militaires croisés qui ne gardèrent sur les lieux que quelques spécialistes indispensables pour gérer ces ensembles. Sur les sites bombardés, après être enfin parvenu à neutraliser les incendies, les pompiers avaient commencés le déblayage des décombres et l’évacuation des millions de tonnes de gravats. Travaillant sous le regard méfiant des soldats croisés, ils furent progressivement rejoints par des volontaires civils qui se joignirent à eux dans le difficile travail de recherche d’improbables survivants parmi les ruines des bâtiments oblitérés pendant l’assaut. La peur avait fait place à la résignation et désormais la population d’Arkos attendait de savoir comment les événements allaient évoluer tandis que les Croisés prenaient petit à petit possession de la planète. - Nous ne pouvons pas laisser Arkos aux mains des Croisés, c’est tout simplement inimaginable. Les communications envoyées avant le black-out font état de destructions titanesques. - Si nous envoyons un ambassadeur pour réclamer… - Arrêtez de déblatérer vos conneries avec vos ambassadeurs ! Les mandibules de la sénatrice Kassha s’agitaient furieusement tandis qu’elle fusillait du regard le sénateur galénien Prat’ecto. La nouvelle de la chute d’Arkos avait provoqué au Sénat un tollé encore plus mémorable que l’attentat qui y avait eu lieu deux ans auparavant. Depuis le début de l’invasion croisée, le jeu politique sénatorial avait profondément évolué. Des deux courants appelant à plus de souplesse ou de fermeté, les positions étaient maintenant cristallisées en trois courants : Les diplomates, les guerriers, et les indécis. Et depuis quelques jours le Sénat était en ébullition et les réunions de concertation s’enchaînaient. - La protection de la flotte n’a aucune efficacité car les Croisés savent aussi bien que nous qu’ils n’ont rien à craindre d’elle. Et au rythme où ils progressent d’ici deux ans ils auront conquis toute la Coalition. Notre seule chance d’inverser la tendance et de pouvoir amorcer un vrai processus de paix est de ramener les forces en présence à l’équilibre. On ne peut négocier qu’en étant égaux, jamais en position de faiblesse. - Ce qui revient à donner les pleins pouvoirs aux militaires. Jamais le sénateur Urbain… - J’y penserais en me rendant sur sa tombe. Le problème est simple : soit nous donnons aux militaires le droit de nous protéger, soit nous laissons les Croisés conquérir nos mondes. L’équilibre pour la paix ou la chute de Sircona. Le sénateur Macarth se renfrogna face à la remontrance de la sénatrice. Après la mort d’Urbain, il avait pris la tête des partisans de la paix négociée, mais il était loin d’avoir le charisme et l’influence de son mentor. Seul le Grand Consul Pire'ego aurait eu le talent nécessaire pour le remplacer mais sa charge l'obligeait à une stricte impartialité. De plus, la capture d’Arkos avait sérieusement ébranlé le mouvement et de nombreux sénateurs commençaient à voir la Sénatrice Kassha comme la voix de la raison en cette période troublée. - Éventuellement, le Sénat pourrait voter une motion pour autoriser une opération militaire destinée à reprendre Arkos. La suite des événements dépendrait alors de ses résultats d’un point de vue tant militaire que diplomatique. Le sénateur Prat’ecto a senti le vent tourné, se dit Tiash Kassha. Il porte la voix du compromis en tentant de satisfaire les deux camps. - Je suis sûr que la Grand Amiral Oggan pourra dépêcher immédiatement son 1e groupe dès que… - Dès que rien du tout. Cette unité et son chef ont perdu tout crédit en fuyant la bataille d’Arkos. Le Lion s’est fait émasculer. Il nous faut maintenant un officier qui saura inspirer à ses troupes la volonté de vaincre. - Et vous avez un meilleur candidat que le commandant en chef de la flotte ? - Oui. Bien que cette proposition risque de ne pas vous plaire. Il a été démis de ces fonctions après le scandale de Tenesha. - Lui ? Ses vaisseaux… - Ont osé affronter les Croisés qui attaquaient Tenesha avant de reculer comme ils en ont reçu l’ordre. Bien que nous ayons dissous son unité, ses hommes savent qu’il n’a pas peur de se battre. Les deux sénateurs se concertèrent brièvement tandis que la sénatrice Tiash Kassha en profitait pour en toucher deux mots au sénateur dénerien Antonus, chef de file des partisans de l’action armée. Farouches opposants au pacifisme encore en vigueur au Sénat, sa faction gagnait de plus en plus de soutien tant parmi le peuple, qu’auprès des sénateurs à chaque fois qu’un autre monde tombait entre les mains des Croisés. Appelant sans relâche à tout mettre en œuvre pour assurer la victoire de la Coalition, ils étaient à leur sens les héritiers de ceux qui ont su autrefois enrayer l’avancée des Piscilliens et préserver la Grande Coalition. Son soutien lui était acquis et son choix pour l’officier en charge ne pourrait que plaire à ce partisan d’une politique plus agressive. Finalement, le Galénien reprit la parole. - Je propose que chacun affûte ses arguments pour la session extraordinaire de tout à l’heure. Tout dépendra du vote. Si jamais le Sénat devait voter l’envoi d’une force de frappe, le choix de son dirigeant dépendra de l’ampleur du vote. Si le résultat en trop tangent, nous ferons confiance à l’attitude plus modérée du Grand Amiral Oggan. - Vous sous-estimez l’importance d’Arkos à la fois aux yeux du peuple et des sénateurs. - Nous verrons. http://docs.virtual-developpement.fr/max/or_genese_logo_separation.jpg Lexique Topic de discussions Add-on n°2-5 : Organisation militaire
  10. ~ Organisation militaire ~ Flotte Le portail spatial permet le transit des troupes et du matériel sur des mondes lointains en quelques minutes. C’est bien évidemment pour cette raison que la première action des défenseurs comme des envahisseurs est de sécuriser le portail spatial. Emplacement le mieux défendu de toute la planète, son attaque frontale en émergeant par le faisceau face à un ennemi en position défensive est considéré comme un massacre inutile à éviter à tout prix. C’est pourquoi, à moins d’avoir des troupes à sacrifier, l’invasion d’une planète se fait dans 99% des cas par le biais de vaisseaux spatiaux. Ces gigantesques transports sont des cibles toutes désignées pour l’ennemi et afin de les protéger ou au contraire de les détruire, on fait appel à la Flotte. La Flotte représente l’armada de vaisseaux de guerre appartenant à leur nation. Aussi ancienne que les premiers soldats, la Flotte est constituée d’une multitude d’escadres capables de frapper là où on a besoin d’elles avant d’être redéployées sur un autre front. Mobiles et puissantes, ces flottes de combat sont le pilier de la stratégie militaire des deux camps. Des chasseurs légers aux gigantesques cuirassés, c’est toute une gamme d’appareils de différents tonnages et des milliards de spécialistes, pilotes, mécaniciens, ingénieurs, officiers, artilleurs, soldats et tant d’autres qui servent la Grande Coalition au sein de la Flotte. La guerre spatiale est à l’image de la guerre navale : on ne conquiert pas de l’eau, on progresse d’un point à un autre tout en détruisant les vaisseaux de l’ennemi. La mission de la Flotte est de sécuriser l’espace, ouvrant ainsi la voie pour les invasions ou au contraire stopper les offensives ennemies avant qu’elles ne soient en mesure de menacer le territoire coalisé. En raison de la démesure du champ de bataille, la Flotte est fractionnée en une multitude de petites forces d’interventions capables de réagir immédiatement à la moindre présence hostiles. Ces unités, comme les Groupe de Combat Aérospatial, interviennent à l’échelon tactique sur des délais très courts pour répondre à des menaces immédiates mais d’ampleur limitée comme des raids sur l’arrière de la ligne de front ou des reconnaissances agressives. Le cœur même de l’armada, les Flottes de Combat dont la puissance de feu est capable d’oblitérer des planètes entières sont gardées en arrière et ne sont engagées que pour des opérations stratégiques. Stationnées à des points clés du territoire coalisé comme les chantiers orbitaux, les centres gouvernementaux, industriels ou scientifiques, ces unités ne sont détachées sur le front que pour répondre aux menaces majeures comme les attaques croisées détectées par des vols de reconnaissance ou dans le cadre d’offensive vers les mondes tenus par l’ennemi. La majorité des actions de combat implique des escadres relativement réduites dépassant peu souvent la centaine de vaisseaux, le déploiement d’une Flotte de Combat est peu fréquent mais toujours déterminant car quand cela arrive c’est qu’une grande bataille va avoir lieu ou que le destin d’une planète va basculer. La Flotte est l’élément clé de l’invasion d’une planète. Sa première tâche est d’acquérir la maîtrise orbitale, c'est-à-dire le contrôle complet de l’espace autour de la planète en ayant neutralisé vaisseaux ennemis, satellites de combat et défenses au sol capables de menacer les unités de débarquement dans leur phase d’approche. Grâce à la maîtrise de l’orbite, les canons de la Flotte sont capables d’oblitérer toute résistance au sol pour appuyer l’avancée des troupes au sol lorsqu’elles ont entamé la conquête de la planète. Aucune défense ne peut résister à la puissance de feu des vaisseaux qui accompagnent la progression des troupes atmosphériques, dans plus de 90% des cas le sort d’une planète est joué dès que l’un des deux belligérants a le contrôle de l’espace. Pour les unités au sol en situation défensive, le salut ne peut provenir que de l’arrivée de leur propre flotte, des renforts capables de reconquérir l’orbite et de faire basculer le cours de la bataille. Une fois la planète sous contrôle, la Flotte assure sa protection face aux contre-attaques ennemies jusqu’à ce que le système de défense local soit à nouveau opérationnel avant de se retirer pour être redéployer vers son prochain objectif. Structure de commandement : Flotte : Grand Amiral Flotte de Combat : Amiral Escadre lourde : Vice-amiral Groupe de Combat Aérospatial : Contre-amiral Cuirassé/destroyer : Commandant Croiseur/frégate : Capitaine Armée L’armée représente les forces habilitées à combattre en atmosphère. Franchissant le portail spatial ou déposées par les vaisseaux de débarquement de la flotte, ces forces sont responsables de la capture des planètes tenues par l’ennemi ou à l’inverse de leur défense contre les troupes d’invasion. Créée peu avant la Guerre des Hydres, l’armée a été mise en place pour sécuriser les planètes coalisées face aux raids piscillliens. Lors de l’invasion, ces troupes se sont retrouvées brutalement en première ligne avec une expérience purement théorique des combats face à un adversaire aguerri. L’expertise militaire des Humains, des Sells et des Déneriens a permis de développer assez rapidement des tactiques de combat capables de donner l’avantage aux défenseurs. Alors que la reconquête fut avant tout l’œuvre des forces spéciales, c’est lors de l’invasion du territoire piscillien que le rôle de l’armée devint incontournable. Face à un ennemi se cachant sous la surface des eaux ou sous des boucliers, la flotte était dans l’incapacité d’obtenir la victoire. La résolution de la bataille devait avoir lieu dans l’atmosphère, dans les villes et les champs, dans les montagnes et les océans. C’est à cette époque qu’est né le précepte fondateur pour les forces atmosphériques : la flotte conquiert l’espace et l’armée les planètes. L’armée est l’union de plusieurs composantes agissant de concert pour une plus grande efficacité. La composante aérienne de l’armée inclus les appareils de supériorité aérienne et ceux de soutien. Disposant d’appareils plus adaptés aux conditions atmosphériques que les chasseurs spatiaux de la flotte, ce sont eux qui effectueront au cours d’une campagne la majorité des missions aériennes à la surface des planètes. La composante terrestre inclus l’infanterie et les véhicules blindés dont le rôle est vital pour sécuriser durablement les zones de combat. Aucune zone n’est considérée comme conquise tant que les troupes terrestres ne l’ont pas investie. La composante maritime inclus navires, sous-marins et nageurs de combat indispensables pour combattre sur les planètes majoritairement constituées d’océans. Force essentielle à l’époque de la Guerre des Hydres lors de l’invasion des planètes pisciliennes, son importance fut considérablement réduite après la guerre pour devenir pratiquement négligeable par la suite. La plupart des espèces de la Grande Coalition étant terrestres, le contrôle des fonds marins n’étaient presque plus requis tandis que la maîtrise des océans pouvait être confiée à l’aviation. Chaque planète étant relativement unique, les troupes de l’armée sont formées pour combattre dans n’importe quel environnement et dans n’importe quelles conditions. De l’atmosphère hyper-dense de Wallarta à la gravité à 2g de Jirenk en passant par les jungles de Sadir 3 ou les sables de Kazur, l’armée s’adapte. Bien que certaines unités soient spécialisées pour certains types de terrain comme le 12e corps stellaire qui n’opère presque que sur les planètes urbaines à forte densité de population, en général les unités de l’armée sont dotées d’un matériel modifiable permettant d’être en phase avec les conditions de combat locales en opérant seulement quelques ajustements. Contrairement à la flotte, l’intégralité des espèces de la Grande Coalition sont représentées au sein de l’armée même si on trouve davantage de représentants de certaines espèces dans certains corps spécialisés pour des raisons morphologiques. Ainsi, les Séléris ne sont présent quasiment que dans les unités navales et les Korros dans les unités aériennes. A l’inverse, de par leur force bien plus élevée que celle des autres espèces et leur vision tridimensionnelle très développée, les Sells sont présents à la fois dans les troupes d’assaut, les sapeurs et le corps des ingénieurs. Structure de commandement : Armée : Général en chef Corps stellaire : Général Division : Colonel Régiment : Lieutenant-Colonel Brigade : Commandant Compagnie : Capitaine Peloton : Lieutenant Escouade : Sergent Force de Défense Planétaire Les forces de défenses planétaires (FDP) sont des unités autochtones présentent sur leur planète d’origine où elles assurent des missions à caractère militaire, de maintien de l’ordre ou d’assistance à la population. Contrairement à la flotte et à l’armée, elles ne dépendent pas du Sénat mais du gouvernement de leur planète, en revanche elles sont placées sous l’autorité de ces deux corps lorsqu’ils prennent en charge les opérations militaires locales. Leur origine remonte à la Guerre des Hydres lorsque les troupes coalisées étaient trop faibles et dispersées pour couvrir l’ensemble des mondes coalisés. Le besoin de rassurer la population apeurée par les nouvelles annonçant la progression des Piscilliens a poussé les gouvernements locaux à mettre en place des unités militaires pour rassurer les citoyens. Ces milices ont progressivement évolué après la guerre lorsque la production des arsenaux militaires ne fut plus intégralement réservée à l’armée, acquérant ainsi des appareils et des moyens plus conséquents. Les FDP sont composées de troupes terrestres, maritimes, aériennes et spatiales. Dans ce dernier cas néanmoins, les vaisseaux utilisés sont rarement plus gros que des frégates, seules les planètes les plus importantes peuvent se permettre le luxe ou ont l’utilité d’entretenir des croiseurs. Les FDP ne sont pas destinée au combat. Leur rôle est de servir d’éclaireur dans leur système et d’être les yeux et les oreilles de la flotte à proximité de leur système, notamment dans certaines portions les plus isolées du territoire coalisé. Dans l’éventualité où les combats devraient atteindre l’atmosphère de la planète, la FDP doit sécuriser les sites stratégiques et en tout premier lieu le portail spatial en attendant le déploiement de l’armée coalisée. Une fois celle-ci en place, les unités de la FDP sont utilisés comme guides et éclaireurs grâce à leur parfaite connaissance de la planète ou pour des missions d’escorte et de surveillance afin de permettre de déployer un maximum de troupes de l’armée sur le front. On considère généralement que lorsque la FDP est engagée en première ligne c’est que la situation est désespérée. La plupart des soldats de la FDP sont considérés avec respect par les troupes régulières car bien que ses soldats soient des autochtones ayant préféré servir chez eux que dans le reste de la galaxie, la majorité de ses officiers sont d’anciens membres des forces coalisées qui ont ramené leur expertise sur leur planète pour en faire profiter les soldats sous leurs ordres. Structure de commandement : FDP : Lieutenant-Général Division : Colonel Régiment : Lieutenant-Colonel Brigade : Commandant Compagnie : Capitaine Peloton : Lieutenant Escouade : Sergent Forces spéciales Les forces spéciales représentent l’élite des forces armées. Formées par les meilleurs combattants dotés du meilleur matériel, ces soldats sont capables d’accomplir autant de dégâts qu’une escadre de cuirassés. Opérant généralement en petits groupes comptant rarement plus d’une cinquantaine de membres (usuellement entre vingt et trente), ces troupes sont chargées des missions jugées impossibles pour les unités de l’armée, l’infiltration des planètes ennemies et les missions d’abordage. Bien qu’il s’agisse de fantassins, les forces spéciales font partie d’un commandement différent de l’Armée, ont leur propre hiérarchie et agissent en parallèle des unités standards. La principale mission des forces spéciales est le déploiement derrière les lignes ennemies pour préparer la venue des forces conventionnelles. Souvent considérés comme la première vague d’une invasion, les troupes des forces spéciales sont déposées par vaisseau dans des régions reculées de la planète, autrement dit le plus loin possible du portail spatial, pour éviter toute détection. Ils rejoignent ensuite leur objectif à pied ou en utilisant des véhicules légers. Une fois sur site, ils procéderont à des actions de reconnaissance, sabotage ou subversion avec tous les moyens à leur disposition. Une fois leur objectif atteint, ils sont soit évacués par vaisseau, soit patientent jusqu’à l’arrivée des troupes d’invasion. Chaque vaisseau de la flotte compte également un contingent de fantassins chargés de patrouiller à bord et de contrer toute infiltration. Ces troupes sont également chargées de l’arraisonnement des vaisseaux ennemis ayant capitulé mais seules les unités des forces spéciales sont entraînées pour l’assaut et la capture de vaisseaux militaires ennemis encore opérationnels. Ce type de missions étant extrêmement risqué et mortel, ils sont les seuls autorisés à les mener à bien en raison du niveau d’expertise nécessaire. Les forces spéciales sont directement issues des traditions militaires humaines et déneriennes. Ces deux espèces formèrent les premières unités à l’époque de la Guerre des Hydres. Par la suite les autres espèces furent incorporées afin de tirer au mieux parti des spécificités des membres de la Grande Coalition comme les nageurs de combat séléris ou les sapeurs sells. Structure de commandement : Forces spéciales : Général Régiment : Colonel Brigade : Commandant Compagnie : Capitaine Escouade : Lieutenant Renseignements militaires Les origines des services de renseignements militaires remontent à 4998, peu avant la Guerre des Hydres, lorsque les sénateurs déneriens décidèrent l’envoi de sondes d’espionnage vers le territoire piscillien. Opérant dans le plus grand secret, les spécialistes déneriens furent en mesure de collecter des informations sur les principales bases piscilliennes ainsi que les mouvements de leur flotte. Quand la guerre éclata officiellement quelques années plus tard et que l’existence de ces missions fut révélée, ces renseignements se montrèrent extrêmement précieux tant pour les troupes sur le front que pour les Grands Sages qui planifiait la reconquête. L’opération passa sous contrôle des militaires coalisés qui comprirent les bénéfices qu’ils pouvaient en tirer et donc augmentèrent le nombre de ces missions afin de percer les secrets de l’ennemi et de découvrir des informations capables de changer le cours de la guerre. Contrairement aux services de renseignements civils constitués d’espions et informateurs s’appuyant sur des réseaux allant jusqu’au cœur même de l’ennemi et ayant des missions comme la désinformation, la protection des sites stratégiques ou la récolte d’information, les renseignements militaires utilisent presque uniquement des sondes et vaisseaux de reconnaissances qu’ils utilisent à proximité de la ligne de front et réunir des informations à l’échelon tactique. Leurs principales missions sont l’observation des mouvements de la flotte ennemie, la reconnaissance des mondes qu’il tient et la cartographie des itinéraires de patrouille pour faciliter l’infiltration du territoire ennemi. Les renseignements militaires sont les yeux et les oreilles de la flotte ; ils repèrent les flottes ennemies puis estiment cap, destination, effectif et intentions pour permettre aux troupes coalisées d’intervenir au bon endroit et au bon moment. Les données sont récupérées et traitées à l’échelon tactique par de petites équipes très bien dotées en termes de matériel et de moyens. Ces cellules techniques sont les unités de première ligne pour les renseignements militaires, ce sont elles qui piloteront vaisseaux et drones et qui iront au plus près de l’ennemi pour accomplir leur mission. Une fois celle-ci achevée, les informations recueillies sont transmises aux forces militaires locales pour des actions immédiates et aux équipes d’analyse des renseignements qui en traitant toutes les données de toutes les cellules tactiques vont être capables de dégager un schéma, une vue globale de la stratégie des Croisés, pour permettre à la flotte de prendre les dispositions qui s’imposeront sur l’ensemble du front. Si les Croisés laissent une faille dans leur dispositif, ce seront les unités techniques qui la trouveront, mais ce sont les unités d’analyse qui avec l’aide des stratèges de la flotte diront où et comment l’exploiter. Comme on s’en doute, les Déneriens forment le cœur des effectifs des renseignements militaires. Ils forment la majorité du personnel dans les équipes d’analyse juste devant les Humains et les Galéniens. En revanche les équipes techniques sont majoritairement constituées de Korros pour qui le pilotage pour les vols de reconnaissance et ses contraintes mortelles sont un défi absolument irrésistible. Structure de commandement : Renseignement : Général Division sectorielle : Colonel Unité opérationnelle : Commandant Cellule opérationnelle : Capitaine Equipe d’analyse : Lieutenant Equipe technique : Lieutenant
  11. http://img11.hostingpics.net/pics/781816RENEchapitre3.png ~ Nom de code : Hagen ~ Prélude d'un affrontement... Le chaos qu'a généré la sécession d'une partie de ses possessions et de sa population a plongé la Grande Coalition dans un bain glacé de stupeur et de panique. Mais c'était à l'état-major coalisé que l'inquiétude était la plus palpable. Bien que ses effectifs n'étaient plus les mêmes qu'à l'époque de la Guerre des Hydres, la flotte de la Coalition se voyait tout de même amputée d'environ un tiers de ses vaisseaux, soit autant d'appareils armés pour la guerre, aux portes du territoire coalisé. Pour autant, la guerre n'était pas une fin en soit, du moins pour le moment. La réunion exceptionnelle de la Commission des Affaires Militaires du Sénat et de l'État-Major mis à jour des informations pour le moins troublantes. Outre les pertes matérielles, vaisseaux et bases entre les mains de la nouvelle "armée" Croisées, nombre de jeunes officiers avaient changé de camp, en convainquant leurs équipages de faire de même. L'encadrement de l'armée coalisée devenait fragile, et la situation périlleuse. Cela dit, les officiers restés fidèles à la coalition représentaient un problème presque aussi important que ceux qui en étaient partis. Si le sénateur Urbain avait une entière confiance dans le Grand Amiral Oggan et dans le Général en Chef Pollus, les commandants en chef de la flotte et de l'armée coalisée à qui on pouvait se fier pour suivre les directives du Sénat, il se méfiait en revanche des hauts gradés réclamant une politique plus agressive. Certains amiraux comme Deronna ou Hitias réclamaient le réarmement complet de la flotte pour parer à tout mouvement hostile des Croisés. Ces « va-t'en-guerre » pouvaient compter sur le soutien, heureusement encore marginal au sein du Sénat, de personnalités comme la sénatrice Tiash Kassha qui demandait que la flotte coalisée soit en mesure de maintenir le statu quo actuel, tant pour empêcher les Croisés de devenir agressifs que pour dissuader tout ralliement de nouvelles colonies à la mouvance frénétique croisée, en leur prouvant que la Grande Coalition avait les moyens de les protéger. Cette question du renforcement des forces armées devint un problème récurrent au fil des sessions du Sénat entre militaires et diplomates. Pour mettre fin à ces demandes incessantes, en tant que dirigeant de la faction pacifiste, porte-parole du Sénat et ami personnel du Grand Consul, le sénateur Urbain autorisa en 5757 l'envoi d'une mission d'espionnage afin d'évaluer le déploiement de la flotte Croisée et de pouvoir déterminer précisément ses intentions. Il espérait ainsi couper l'herbe sous le pied de ses opposants en leur démontrant que la voie militaire n'était ni nécessaire, ni même souhaitable. C'est ainsi qu'eut lieu l'incident de Sirios. Les vaisseaux coalisés tenaient leur position au point 4 à un peu plus de vingt parsecs du monde croisé de Sirios. Le Commandant Fersus pouvait suivre la progression de l'appareil de reconnaissance, nom de code Hagen, sur l'écran principal de la passerelle de son vaisseau, le Kelewa. Avec son vaisseau d'appui, le croiseur léger Geyus et les trois frégates d'escorte, ils formaient l'unité de soutien delta qui, comme les autres unités déployées pour cette mission, avait un rôle d'observation stratégique du trajet du vaisseau-espion, et de soutien armé si nécessaire. Ce type de vaisseau de reconnaissance était équipé de capteurs avec une portée très supérieure à celle des systèmes de surveillance planétaires, lui permettant d'observer idéalement sans être vu. Mais le principal risque était qu'une patrouille croisée le détecte par hasard. La clé du succès était d'agir rapidement, avant que les Croisés ne s'aperçoivent de quoi que ce soit. Mais si les choses devaient mal se passer, les unités de soutien étaient prêtes à intervenir pour assurer le retour de Hagen vers l'espace coalisé. L'unité gamma venait d'envoyer le signal que le vaisseau espion avait quitté leur zone de surveillance et que c'était désormais à delta de jouer les anges gardiens. Hagen avait effectué les deux tiers de son parcours, dont déjà la moitié à proximité des planètes croisées. La tension montait, doucement, sur la passerelle du Kelewa à chaque réception d'informations en provenance de Hagen. Il poursuivait son avancée. Jusqu'à présent tout allait bien. Hagen était en train d'envoyer son troisième signal de point de passage, quand soudain, la communication en cours fut perdue. Le Commandant Fersus ordonna aussitôt de lancer un diagnostic du système, mais il se doutait que le problème ne pouvait pas venir du Kelewa. Le vaisseau-espion était normalement au troisième point de passage de cette zone, dès que l'officier des communications confirma que tous les systèmes étaient opérationnels le Commandant donna l'ordre à l'unité delta de passer en hyperespace vers ce point dans l'espoir d'y retrouver Hagen. L'appareil de reconnaissance était toujours en zone croisée. Chaque seconde perdue augmentait les risques de désastre. Lorsque l'unité delta sortit d'hyperespace, ses capteurs commencèrent immédiatement à balayer la zone. - Commandant, j'ai de multiples signatures droit devant. - Des vaisseaux ? - Trop petits. Je lance une recherche. - Que les frégates se déploient, il faut retrouver Hagen. Les vaisseaux coalisés qui étaient arrivés sur site à quelques centaines de kilomètres du point de passage de Hagen commencèrent à se disperser pour balayer le secteur. - Commandant, l'ordinateur a trouvé une concordance, ce sont des mines IEM. - Bon sang, Hagen a dû émerger en plein milieu de ce champ de mines. Cela explique le message interrompu... La transmission a démarré et une fois les condensateurs chargés, les mines ont démoli son électronique... - Commandant,... - Oui, je sais... Lors de leur phase de chargement, ce type de mine envoie un signal d'alerte. Il faut immédiatement retrouver Hagen ou la moitié de la flotte croisée va débouler. - Nous recevons un message en provenance de la frégate Groli’ita. - À l'écran. L'officier des communications fit basculer la transmission vers l'écran de son supérieur, à peine connecté, le capitaine du Groli’ita commença son rapport. - Commandant, nous venons de localiser Hagen. Nos premiers scans n'ont détecté aucune activité électronique à bord. Nous espérons que les systèmes de survie de secours se sont enclenchés normalement. La bonne nouvelle est que par l'inertie qu'il avait au moment de la décharge, l'appareil est sorti du champ de mines. Attendons les ordres. - Sécurisez la zone nous vous rejoignons. La connexion s'interrompit tandis que le commandant donnait ses ordres. La flotte coalisée mit aussitôt le cap vers le Groli’ita, et à peine arrivé, le croiseur Geyus commença les opérations pour le remorquage de Hagen sous la protection du Kelewa et des frégates. - Commandant ! Six appareils viennent d'émerger d'hyperespace. Distance : Cinq mille huit cent vingt-six kilomètres. - Que la Mère nous protège. - Ici l'unité d'intervention de la Force Planétaire de Sirios. Flotte coalisée, vous violez un territoire sous contrôle croisé. Votre présence n'est pas désirée dans ce secteur. Veuillez désactiver vos armes et vos boucliers, et nous suivre vers le spatioport de Sirios. Ici l'unité d'intervention... - Coupez ce canal. L'officier des communications interrompit la transmission provenant des vaisseaux croisés qui avaient commencé à se déployer, acculant les Coalisés à proximité du champ de mines. Le Commandant Fersus sentait peser sur lui les regards de tous le personnel de la passerelle. Il savait que tous les membres d'équipage de tous les vaisseaux de l'unité delta attendaient sa décision. Les ordres étaient formels, éviter tout contact avec les Croisés. Mais à l'heure actuelle, ces ordres ne valaient plus rien. Le contact était établi, pour sûr. On l'avait entraîné pour suivre les ordres de ses supérieurs ou du Sénat, pas pour improviser face à un ennemi, quel qu'il soit, dans une situation inextricable. Pas de solution, que de mauvaises options. Les Croisés savaient déjà que la Coalition tentait des opérations militaires dans une zone sous leur contrôle. Il n'y avait qu'un pas pour que l'idée de l'espionnage, de la préparation à une lutte armée, ou juste de la découverte des projets des Croisés, ne germe dans leurs esprits. Le Commandant devait prendre une décision et il le savait. Mais laquelle ? Se rendre, fuir ou se battre. En cet instant, la seule chose certaine, c'est qu'il n'avait pas le droit de remettre sa flotte aux Croisés. - Boucliers à pleine puissance. Cap au 045 alignement 0 assiette +12, que le Geyus nous suive. Les frégates commencent des manœuvres d'intimidation. On force le passage et on passe en hyperespace dès que possible. - Commandant... - Faites ce que je dis ! La flotte coalisée se lança en avant, les deux croiseurs légers en formation serrée, tandis que les frégates accéléraient sur des vecteurs d'attaque face aux appareils croisés pour les forcer à rompre leur formation. - Monsieur, deux croiseurs ennemis se déplacent sur notre cap. Ils vont nous bloquer le passage. - Préparez une solution du tir, on va s'ouvrir le passage s'ils s'entêtent. - Commandant, nos ordres... - Sont de ramener Hagen ! On sort de ce piège et on verra après pour le reste. Les frégates des deux camps évoluaient toujours plus vite, toujours plus prêt les unes des autres et des croiseurs. Et ces derniers étaient désormais sur des trajectoires menant droit à la collision. - Commandant, si nous ne stoppons pas nous allons les éperonner. - Tir de sommation. - Monsieur,... - C'est un ordre ! Tir de sommation sur le croiseur ennemi le plus proche. Le commandant Fersus écarta la sueur qui lui coulait devant les yeux tandis qu'avec un air paniqué, le responsable de l'armement tribord lançait un tir des canons plama latéraux. Aussitôt l'enfer se déchaina. Le Geyus et les vaisseaux croisés se mirent à tirer tandis que les frégates lançaient leurs missiles. Le Kelewa sursautait sous les impacts de plasma. Ses boucliers encaissaient les coups. - Mais qu'est-ce qu'ils font ? Ordre de cessez-le-feu ! Donner l'ordre bon sang ! - C'est trop tard, commandant. Il faut qu'on se sorte de là maintenant. Pendant cinq longues minutes, les vaisseaux des deux flottes échangèrent de puissantes décharges. Pendant ce temps, le Kelewa et le Geyus poursuivaient leur route, droit devant, sur les appareils croisés, et courraient après leur chance de passer en hyperespace. Alors que le Kelewa était en tête à cinq cents kilomètres environ du vaisseau ennemi le plus proche, l'officier de commandement Croisé préféra quitter sa position plutôt que de risquer la collision. Enfin libre, l'unité delta accéléra et passa en hyperespace sous les tirs des vaisseaux croisés. Le bond ramena l'unité dans l'espace de la Grande Coalition. L'équipage laissa éclater son soulagement, mais le commandant Fersus n'était pas vraiment là. Dans sa tête, les conséquences de cette opération se bousculaient, se mêlaient à l'adrénaline des instants écoulés, dans une sorte de danse infernale. Cette escarmouche ne passerait pas inaperçue, qu'avait-il donc fait ? - Commandant ? - Quoi ? La voie de son second l'avait tiré de ses réflexions. - Le Geyus dit que l'équipage de Hagen est sain et sauf. - Bien. Ouvrez un canal sécurisé vers l'Etat-Major, je dois faire mon rapport sur ce qui s'est passé aujourd'hui. Croisés et Coalisés n'avaient pas de raisons d'entamer une guerre ouverte. D'ailleurs, personne ne le souhaitait. Pourtant, bien qu'il n'ait techniquement fait aucune victime, l'incident de Sirios devait avoir des répercussions sans précédent. Les dirigeants du mouvement croisé tirèrent parti de cette affaire. C'était une occasion rêvée de démontrer que la Coalition n'avait non seulement pas reconnu leur scission, puisque violant leurs frontières, mais qu'en plus elle n'hésitait pas à recourir à des opérations militaires pour rétablir sa domination ou, le cas échéant, faire taire toute tentative d'opposition. Mais c'est au sein de la Grande Coalition que l'incident de Sirios eut le plus grand écho. Les partisans du réarmement virent à travers le champ de mines et l'affrontement le fait que les Croisés s'armaient, et qu'en conséquence il fallait préparer les forces armées à défendre le territoire coalisé. Les courants pacifistes, quant à eux, tirèrent comme conclusions que laisser les militaires gérer cette crise ne pouvait conduire qu'au désastre, comme cela avait été le cas sur Sirios. Bien qu'affaibli politiquement, le sénateur Urbain restait néanmoins toujours assez puissant pour bloquer toute tentative de renforcement de l'armée et la voie diplomatique restait l'option privilégiée du Sénat. Cet incident n'avait été qu'une simple escarmouche, mais il portait en lui les graines d'un conflit dont les proportions renverraient la Guerre des Hydres au rang de simple anecdote historique. http://docs.virtual-developpement.fr/max/or_genese_logo_separation.jpg Lexique Topic de discussions Add-on n°2-3 : Groupe de Combat Aérospatial
  12. ~ Groupe de Combat aérospatial ~ Origine : Au début de la Guerre des Hydres, les militaires coalisés ont improvisé les premiers rassemblements de vaisseaux de guerre en tant qu’unités combattantes en mélangeant moyens disponibles et traditions des espèces guerrières. Ces flottes très disparates, se faisant et se défaisant selon les besoins de renforts ou les contre-attaques rapides, étaient appelées alors « unités de combat ». Au cours de la guerre, la standardisation des effectifs au sein des diverses unités va voir émerger le « groupe de combat aérospatial » (GCA), unité pourvue d’un nombre précis de vaisseaux de différents tonnages et suivant une chaîne de commandement bien définie. Effectifs : 30 croiseurs lourds 30 croiseurs légers 78 frégates 30 escadrons de chasse (360 appareils), 30 escadrons de bombardiers (360 appareils) Rôle : Entre le milieu de la Guerre des Hydres et le début de la Grande Croisade, le groupe de combat aérospatial correspond à la plus importante flotte de guerre de l’arsenal coalisé, qui en compte jusqu’à trente à la fin de la Guerre des Hydres. Le GCA est alors la principale unité de ligne et l’étalon principal pour les formations militaires. Au début de la guerre, et bien que progressivement réduit à quinze unités entre les deux conflits, le GCA reste la norme aussi bien dans les rangs des Coalisés que des Croisés. Néanmoins avec l’augmentation du nombre de vaisseaux à chaque engagement et l’apparition d’appareil plus grands et plus puissants comme les cuirassés, le groupe de combat aérospatial devient au fur et à mesure une unité de soutien pour les flottes de plus gros tonnage. Une « flotte de combat » (FC) dispose ainsi, outre ses vaisseaux de lignes, de deux à trois groupes de combat aérospatial manœuvrant sur ses flancs dans des missions de harcèlement de la flotte ennemie. Déployé seul, le groupe de combat aérospatial peut être employé pour des missions de protection des convois, de raids sur les lignes de ravitaillement ennemies ou pour des frappes éclairs sur des cibles lointaines. Un Groupe de Combat Aérospatial peut également appuyer les troupes au sol lors des opérations en atmosphère. Tandis que les croiseurs restent en orbite basse pour assurer la couverture des autres unités et des missions de bombardement lourd, frégates et chasseurs vont manœuvrer dans l’atmosphère pour des missions de soutien tactique contre des objectifs définis à l’avance ou désignés par des observateurs au sol. Tradition : Héritage de leur rôle d’unité de ligne, chaque groupe de combat aérospatial se voit attribué comme surnom le nom d’un prédateur. Toutefois ces noms ne sont vraiment connus du grand public que pour les quinze « historiques » dont les faits d’armes remontent au début la Guerre des Hydres et ont fait d’eux les plus prestigieux de la flotte. 1e GCA : le Lion 2e GCA : le Tigre 3e GCA : l’Ijab 4e GCA : le Tanaes (passé aux Croisés, non remplacé par la Coalition) 5e GCA : le Gundar (passé aux Croisés, non remplacé par la Coalition) 6e GCA : le Loup 7e GCA : le Karcaros 8e GCA : l’Anntam (passé aux Croisés, non remplacé par la Coalition) 9e GCA : le Makto 10e GCA : le Japar 11e GCA : le Puma (passé aux Croisés, non remplacé par la Coalition) 12e GCA : le Belemoth 13e GCA : l’Ours (passé aux Croisés, non remplacé par la Coalition) 14e GCA : le Vokssht 15e GCA : l’Aigle (passé aux Croisés, non remplacé par la Coalition) Certaines de ces unités étaient encore en service dans leurs camps respectifs à la fin de la guerre et jouissaient d’un immense prestige en tant qu’unités d’élites. Commandement : En tant que principale unité de combat de la flotte coalisée pendant la Guerre des Hydres, les GCA étaient sous les ordres d’amiraux. Les officiers en chefs de la flotte étaient alors directement aux commandes de leur propre GCA. Avec l’avènement des FC, les amiraux prirent la tête de ces flottes depuis les ponts des cuirassés ou des porte-vaisseaux, laissant à des officiers moins gradés la charge des GCA. Au sein d’une flotte de combat, les contre-amiraux tiennent le rôle de numéro deux dans la chaîne hiérarchique de la FC et sont en charge des autres GCA de manière à mieux coordonner leurs efforts pour soutenir les unités lourdes. Ceux-ci sont habituellement sous les ordres de commandants bénéficiant d’une autonomie assez étendue quant aux manœuvres et actions à effectuer pour accomplir leur mission.
  13. http://img11.hostingpics.net/pics/232157RENEHISTOIRE5.png ~ La Marche des Ignorants ~ Éclosion de l'avenir... La fin du 55e siècle et la douloureuse épreuve de l’épidémie de variole de Kenoda ont laissé présager que les doux temps de paix de ces derniers millénaires ne seraient pas éternels. Hormis la Guerre des Hydres, rien n’était venu gâcher la sérénité de la Grande coalition à travers les âges. Pourtant, depuis quelques décennies, les peuples coalisés ne sont plus aussi sereins. Rien de bien tangible pour le moment, c’est évident. Mais pour autant, les années 5500 ont vu la naissance de nouveaux courants de pensée. C’est d’abord du monde scientifique que cette philosophie émergea. La grandeur passée du projet Terra, toutes les évolutions technologiques en matière de navigation spatiale, d’énergie et de communications ont pris une trajectoire descendante depuis bien des années déjà. À vrai dire, le conflit avec les piscilliens a vu un certain renouveau, un nouvel engouement pour la recherche en armement et systèmes de défense. Malheureusement, une fois le conflit terminé, cet élan, cette soif de savoir c’est de nouveau éteinte. La Grande coalition tout entière est revenue dans une situation figée. Les scientifiques, les politiques, les peuples de manière générale se sont petit à petit satisfaits de ce qu’ils possédaient, de ce qu’ils connaissaient. La médecine stagne elle aussi. Alors que durant les siècles précédents la durée de vie avait globalement augmenté de manière constante, ce n’est plus le cas. Le coup de fouet de la variole de Kenoda n’a pas eu l’effet d’électrochoc qu’il aurait pu avoir. La Grande Coalition s’est mise à croire à sa toute puissance. Elle est devenue arrogante et égoïste. Les liens interespèces sont pour autant toujours présents et solides. Le temps de l’Alliance pionnière des Négalis, où l’on parlait encore de races, où l’on comptait par race, est très loin derrière. Paix, sagesse et tranquillité devraient être suffisantes pour que la coalition soit pleinement heureuse. Ce n’est pas le cas au début de cette année 5612. Depuis quelque temps déjà, l’impact et l’influence des nouveaux penseurs ont nettement grandi. Avec le scientifique Galénien Dorinei Viru’uto en chef de file, de nombreux artistes, philosophes, écrivains et scientifiques se sont rassemblés en 5532 dans un collectif nommé La Marche des Ignorants. Ils ont prôné rapidement un retour au dynamisme qui a fait autrefois la puissance de la Coalition. Durant ses premières années d’existence, la MDI est restée relativement discrète. Le philosophe Korros Jooris Ypiac eut un jour ses mots dans un article dans la Gazette de Sircona : « La MDI n’a pas de dessein politique. Nous voulons seulement être la voix de ceux qui ne parlent pas. Nous ne sommes pas très nombreux, mais nous séduisons de plus en plus de personnes. Notre pensée n’est pas hostile à la Grande Coalition telle qu’elle est, telle qu’elle existe depuis des siècles. Simplement, nous nous sommes aperçus que la société qui nous entoure, notre vie, notre technologie et nos rêves, tout cela se retrouve jauni par les dégâts du temps. Nos aspirations de grandeur sont oubliées. Nous nous satisfaisons de ce que nous avons, sans chercher à aller de l’avant. Nous sommes immobiles dans un monde en perpétuelle évolution. Nous finirons par mourir sur pied, un jour, de rester appuyés sur nos acquis. Le manque d’ambition grandissant nous affaiblit, nous rend esclaves de notre propre vie. Nous avons tous besoin de goûter de nouveau à l’excitation, à la force et à la magie que représentent des objectifs, des perspectives et un avenir. » Cela montrait clairement, si le besoin en était, que la MDI n’était pas très ambitieuse à son origine. Puis quelques années ont passé. Les Marcheurs sont devenus plus nombreux. L’année 5556 vit se tenir la première conférence organisée par la MDI, où durant 3 jours, les têtes d’affiche du mouvement se sont succédé à la tribune, de plaidoyers en discours. Ce rassemblement avait eu lieu sur la belle et puissante Sircona. Près de deux millions de personnes s’étaient déplacées sur les 2 jours de la manifestation. Il est sûr que cela paraît faible en comparaison de la population totale de la Grande Coalition, mais un excellent début tout de même. Les années suivantes, les actions du même ordre se sont multipliées. Elles se sont même élargies bien plus loin que la seule capitale. Davo, lieu historique de la Guerre des Hydres, Hélindris, capitale de la culture et des arts premiers, ont tour à tour accueilli des conférences et des séminaires. De toute évidence, les instances dirigeantes du sénat n’ont jamais prêté de crédibilité à ce petit groupe. Pensant certainement qu’ils avaient une philosophie en marge de la société, ils les ont boudés pendant des années. Ils ont toujours refusé de les rencontrer, et encore moins de les écouter. En 5593, la MDI se mue en mouvement politique officiel. Leur influence est pour autant toujours limitée. Mais ils se présentent comme de plus en plus séduisants dans leurs discours. D’anciens sénateurs, à la retraite depuis les élections de 5587, rejoignent les Marcheurs. Du fait de leur naissance dans l’univers politique de la coalition, les membres de la MDI s’intéressent de plus en plus à la vie politique, au pouvoir. Les premières candidatures des marcheurs arrivent aux élections de renouvellement tiers-parti du sénat en 5602. Ils obtiennent quelques sièges. Rien de plus pour le moment. Une chose pourtant aurait pu alarmer le sénat : La part grandissante d’officier de la flotte de la Coalition adhérant aux idées de la MDI. Mais la liberté d’opinion a toujours été un des fondements de la Coalition. Il est donc normal que tout le monde puisse avoir son avis, son jugement. Il n’existe pas de dictature de la pensée sénatoriale. Heureusement. Toujours est-il que le mouvement s'étend peu à peu, grandi, parmi les politiques, les militaires, mais aussi et surtout parmi l’ensemble des citoyens de la Coalition dans des proportions non négligeables. L’année 5611 a sans aucun doute marqué un premier tournant de taille dans l’existence de la MDI. En effet, on est à une année environ d’une grande élection sénatoriale qui verra le renouvellement de la moitié des sièges du Sénat. Cependant, devant la totale indifférence du sénat en place face à la montée des marcheurs dans l’opinion publique, la fin de 5611 et l’année suivante vont marquer les premières grandes actions de la MDI. Pour faire entendre sa voix, de grandes manifestations sont organisées de manières très régulières, tous les mois. Sous l’impulsion de Viru’uto, encore et toujours lui depuis les premiers temps. Les slogans sont nombreux, et pour la première fois, ils deviennent plus antagonistes au système et à la pensée dirigeante de la Coalition qu’ils n’ont pu l’être par le passé. Chaque manifestation correspond à la mise en grève des colonies les plus ferventes. Ses mouvements sont somme toute marginaux et limités à quelques colonies, pour le moment. Après presque un siècle d’existence, la Marche des Ignorants allait enfin obtenir ce qu’elle cherchait depuis quelques années : être entendue. Les élections de 5612 voient 3% des sièges de sénateurs revenir à des partisans de la MDI, ce qui força logiquement le reste du sénat à accorder de la crédibilité à ces représentants, tout comme eux, du peuple de la coalition. De toute évidence, le dialogue est né tendu, et il le restera longtemps, très longtemps. Il y a toutefois un fait qui a marqué ce tournant historique dans la politique coalisée. Peu après les élections, Le sénateur Humain Garen Fallen, alors porte-parole du sénat, fit une allocution holo-diffusée, où il eut ces quelques mots : « […] À travers notre histoire, nous avons de tout temps réussi à faire perdurer la symbiose de nos peuples respectifs. Nous avons construit, ensemble, le plus grand rassemblement interespèces qui n’ait jamais existé. Il est de notre devoir de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour jouir à jamais de temps de paix et de quiétude. […] Notre mission, celle de vos représentants élus, est de s’assurer que de tragiques évènements comme la Guerre des Hydres ou la Variole de Kenoda ne viennent plus jamais marquer nos vies de leurs empreintes. Ce que nous devons faire, c’est avant tout consolider nos acquis. Les faire vivre. Certains nouveaux élus ont une vision d’évolution trop ambitieuse. C’est exactement ce genre de sentiments qui ont conduit à de graves négligences et qui a mis en péril la sureté de la Grande Coalition. […] Les manifestations de l’année qui vient de s’écouler, sous la bannière de la Marche des Ignorants, ne doivent pas desservir notre entente. Nous prendrons le temps de travailler tous ensemble pour construire notre avenir en renforçant notre socle de vie. Nous avons tous notre liberté, mais il n’est pas souhaitable, quels que soient les idéaux qui sont véhiculés, que la transmission d’un courant de pensée vire à la propagande. Mes Frères, Galéniens, Korros, Dénériens, Séléris, Sells et Humains, ne passons pas notre temps à nous quereller de la sorte. Les temps d’instabilité doivent être derrière nous. Il n’est pas nécessaire, pour faire entendre sa voix, d’entreprendre une lutte avec plus d’agressivité que de raison. Les courants de pensée sont tous respectables, mais ils ne doivent en aucun cas se muer en une croisade destructrice. » http://docs.virtual-developpement.fr/max/or_genese_logo_separation.jpg Lexique Topic de discussions Add-on n°2-1 : Organisation politique
  14. ~ Organisation Politique ~ Le système politique de la Grande Coalition s’appuie sur un collège de représentants élus au suffrage universel direct. Ceux-ci siègent au sein d’une assemblée dirigée par l’un de ses membres, élus par ses pairs. La Grande Coalition étant le fruit de l’alliance de plusieurs espèces présentant chacune une histoire et une culture différente, l’harmonisation des systèmes politiques fut l’un des plus grands défis de sa création. Le Sénat, tel qu’il existait à l’époque de l’Alliance Pionnière des Négalis, était avant tout le lieu où les représentants des différentes espèces se réunissaient. Sorte d’Organisation des Nations Unies galactique, les représentants qui y siégeaient étaient désignés par les électeurs de leur planète, mais on retrouvait parmi les sénateurs un fort sentiment d’appartenance ethnique. Le développement de la colonisation mutli-espèce et la création de nouveaux mondes dotés d’une population mixte, sans compter les transferts de population en fonction de l’apparition sur d’anciennes planètes de nouveaux pôles industriels, scientifiques, culturels ou économiques, a vu la fin de ce modèle ethno-centré et l’apparition d’une nouvelle société élisant ses représentants non plus sur des critères d’espèce, mais avant tout de compétences. C’est ainsi que s’est développé le modèle politique de la Grande Coalition. Les citoyens élisent leurs représentants au niveau planétaire (assemblée, sénat, curie, conseil…) afin de désigner les responsables chargés des décisions et de la vie politique locale. En sus de l’application des lois de la Coalition, ils ont la prérogative pour tout ce qui concerne la vie quotidienne. Leur champ de compétences couvre ainsi les services publics, les forces de l’ordre, les forces de défense planétaire et l’administration. Les sénateurs sont élus sur un secteur déterminé représentant la même population pour tous les secteurs. Ainsi un sénateur représente toujours le même nombre de citoyens que son collègue. En revanche, selon que celui-ci soit désigné par des mondes plus ou moins peuplés il représentera un nombre différent de colonies. Les secteurs périphériques qui sont essentiellement constitués de planètes fraîchement colonisées, et donc avec une faible densité de population, ont des sénateurs représentant jusqu’à plusieurs dizaines de planètes alors que les centres historiques, qui sont les foyers de peuplement et les planètes d’origines des différentes espèces, ont un poids démographique bien plus important ce qui implique des juridictions bien plus restreintes. Par exemple le système solaire d’Arkos, au regard de sa population, dispose au Sénat d’un sénateur pour Arkos et d’un autre pour l’ensemble des autres planètes du système tandis que le système de Kalis, qui compte notamment Delubronne et Chandia, est associé au système de Shiv pour obtenir une population équivalente et ainsi un sénateur pour ce secteur qui regroupe donc huit planètes, dont deux sont des centres économiques et industriels majeurs comparables à Arkos. Le Sénat vote les lois qui ont cours sur l’ensemble des mondes de la Grande Coalition. Le système électoral garantissant que chaque membre de cette assemblée représente le même nombre de voix que ses homologues, tous les sénateurs ont ainsi le même pouvoir, la même influence et les mêmes responsabilités. La seule exception est le Grand Sénateur-Consul qui est un sénateur élu par ses pairs pour présider les sessions du Sénat. Sa charge législative est alors confiée à son suppléant tandis qu’il assure la charge exécutive qui incombe au Sénat. Le Sénat assure le pouvoir législatif de la Grande Coalition, mais le pouvoir exécutif est détenu par le seul Grand Sénateur-Consul. On dit souvent que même s’il préside le Sénat, en réalité le Grand Sénateur-Consul est davantage au service de celui-ci que l’inverse. Le pouvoir législatif du Grand Sénateur-Consul est très restreint, il ne peut pas voter les lois bien qu’il puisse en proposer et il ne dispose pas non plus d’un droit de veto quant aux lois qui lui sont soumises. Autre contre-pouvoir destiné à empêcher toute dérive autoritaire, il peut être démis par un vote aux deux tiers du Sénat alors que lui-même n’a aucun pouvoir contre les sénateurs. Il ne peut par exemple pas demander la dissolution du Sénat et n’a aucun droit de modifier le calendrier électoral. Son rôle pour la Grande Coalition, à travers l’administration coalisée, est l’application des lois qui lui sont soumises par le Sénat. Néanmoins en tant que président du Sénat, le Grand Sénateur-Consul marque en général la politique coalisée en étant force de proposition et seul juge des moyens nécessaires à la mise en place des mesures proposées par le Sénat. Le Grand Consul gère l’administration de la Grande Coalition à travers son bureau, une équipe qu’il se constitue pour gérer les dossiers qui lui incombent, et via les commissions sénatoriales dont il est automatiquement à la tête. Le rôle des différentes commissions sénatoriales est d’assurer la gestion des différentes branches administratives de la Grande Coalition. Gérées par un nombre plus ou moins grand de sénateurs selon l’importance de la commission, elles font lieu de gouvernement coalisé en émettant des propositions de lois et d’actions au Grand Sénateur-Consul. Bien qu’en théorie celui-ci soit libre de ne pas tenir compte de leurs avis, l’extrême complexité de l’administration d’une civilisation constituée de milliers de planètes et de trillions de citoyens fait que, dans la pratique, certains pans de cette administration sont en réalité sous la tutelle des commissions, le Grand Sénateur-Consul n’étant consulté que dans les situations les plus importantes. Bien évidemment, même s’il leur laisse une certaine autonomie, le Grand Sénateur-Consul garde la haute main sur certaines d’entre elles, comme la commission aux affaires militaires, la commission aux affaires de sécurité, la commission aux affaires économiques et de développement ou la commission aux affaires sociales. Le rôle des Grands Sages est assez particulier dans le fonctionnement des institutions de la Grande Coalition, car ils ont à la fois un rôle de gardiens, de participants et de référents. Les Grands Sages sont les garants de l’intégrité du système, c’est pourquoi ils sont les seuls à disposer d’un droit de destitution sur l’ensemble des membres du Sénat. Sur simple notification, les Grands Sages peuvent relever de ses fonctions aussi bien un simple sénateur que le Grand Sénateur-Consul en personne. Ils peuvent également ordonner la dissolution du Sénat et la tenue d’élections anticipées. Cette seconde action nécessite néanmoins qu’un minimum de vingt d’entre eux en fasse la demande. En cas d’accusation de corruption ou d’abus de pouvoir d’un sénateur, ce sont eux qui examineront le cas et décideront des sanctions qui s’imposent. Les Grands Sages sont également partie prenante du processus législatif puisqu’ils peuvent proposer des lois qui seront votées par le Sénat sauf si un minimum de douze d’entre eux font appel au protocole d’urgence, court-circuitant ainsi le vote et rendant la loi immédiatement applicable. Les Grands Sages sont enfin les garants de la Constitution de la Grande Coalition. En cas de litige sur une loi en cours de débat au Sénat, ils peuvent confirmer ou infirmer le contenu du texte pour valider le processus ou au contraire y mettre un terme. Ils sont les seuls à pouvoir mettre un veto sur l’application d’une nouvelle loi et sont également les seuls à pouvoir modifier les articles de la Constitution, toute modification devra recevoir leur aval même si elle a été votée par le Sénat. Cette soumission du corps des élus aux décisions et à l’approbation des Grands Sages est garantie par leur statut exceptionnel et leur entier dévouement aux intérêts de la Grande Coalition et de ses habitants.
  15. http://nsa21.casimages.com/img/2012/04/25/120425105505527733.png ~ Notre pire ennemi ~ Quand commence le déclin... C’est au cinquante-cinquième siècle que commença à se fendiller le modèle de la Grande Coalition façonnée au cours des millénaires écoulés et approchant la perfection. C’est à cette époque que plusieurs courants de pensée commencèrent à émerger dans les milieux politiques et culturels. Les deux principaux reproches que l’on faisait à la Grande Coalition portaient sur son centralisme et son immobilisme, l’un et l’autre étant bien entendu liés. Beaucoup estimaient que la Grande Coalition s’était mise à stagner en prenant pour exemple l’exploration spatiale qui était devenue très marginale. Le territoire coalisé ne s'était d’ailleurs presque plus étendu depuis l’époque de la guerre contre les Piscilliens, soit depuis déjà quatre siècles. Un autre exemple, qui revenait souvent, était l’absence de nouveau champ de recherche technologique tous domaines confondus. Chaque année les vaisseaux étaient plus rapides, plus massifs, et le portail spatial avait un flux plus stable qui lui permettait de rester ouvert plus longtemps, mais aucune véritable révolution, que de simples évolutions sans portée majeure. De l’avis général on ne retrouvait plus les chercheurs audacieux et novateurs du projet Terra ou ceux qui avaient donné naissance aux Grands Sages. La recherche n’était plus soutenue et, en fait, elle n’était même plus du tout encouragée. L’autre grief était le centralisme de la Coalition, en effet les décisions politiques majeures étaient prises depuis le siège du Sénat sur Sircona, les instances locales ne gardant qu'un pouvoir législatif symbolique. On reprochait au Sénat d’étouffer l’innovation aussi bien politique, technologique que philosophique. Le sénat aime à se complaire dans sa propre inction alors que des systèmes entiers seraient prêts à relever le défi de l’aventure, de l’expansionnisme. Pour certaines personnes la Grande Coalition avait oublié son passé avant-gardiste pour devenir une administration pesante et atone. Les planètes qui étaient passées du statut de colonie à celui de centres économiques locaux représentaient un nouvel élan d’un point de vue marchand bien sûr, mais également culturel et social. Pourtant, elles restaient inféodées, bridées selon certains, par les planètes historiques qui conservaient la mainmise politique grâce à leur poids démographique et à la toute-puissance du Sénat. Certaines de ces planètes en phase de croissance proposèrent ainsi aux Grands Sages, par la voix de leurs représentants élus, d’envisager une mise à jour des lois électorales qui n’avaient pas été modifiées depuis la fondation de la Grande Coalition. Leur demande se heurta au refus des Grands Sages qui soutinrent que chaque citoyen devait avoir la même représentation qu’un autre, et donc par équité le système actuel basé sur la population des planètes plutôt que leur économie restait le seul système juste et viable. De plus en plus de gens commençaient à se sentir rejeter par le Sénat et les Grands Sages, les symboles de la Grande Coalition. Mais en 5463 un nouveau fléau s’abattit sur la Grande Coalition. Nul ne sut avec exactitude d’où il provenait, mais on lui donna rapidement le nom de Variole de Kenoda. En fait ce virus ne provenait pas directement de la planète Kenoda mais c’est dans le centre de recherche médical planétaire de Zarray, la capitale de Kenoda, qu’il fut identifié pour la première fois. Même si son origine reste un mystère, les chercheurs de l’époque avaient émis l’hypothèse que le virus provenait d’une colonie frontalière peu développée. Il avait probablement contaminé quelques colons avant d'être répandu dans le territoire coalisé. Son temps d’incubation de six semaines, au cours desquels le porteur n’éprouvait qu’un léger vertige et quelques nausées, lui permettait d’être largement dispersé parmi la population via les moyens de transport utilisés. Durant l’incubation, la Variole de Kenoda pouvait être transmise à l’autre bout de la galaxie, d'autant que les porteurs étaient largement contagieux. Les premières victimes périrent sans que grand monde ne s’en aperçoive. Environ trois mois après la mort du patient zéro, les autorités sanitaires prirent la mesure de l’ampleur de la pandémie. Avec un taux de mortalité atteignant les 38 %, les victimes augmentèrent de manière exponentielle et se comptèrent vite en millions, surtout lorsqu'on sait que le virus était inter-espèce. Les six espèces qui constituaient la Grande Coalition sont on ne peut plus différentes d’un point de vue biologique. Leurs ADNs montrent ainsi des variations quasiment fondamentales. Par exemple, l’ADN des Sells a la forme d'une quadruple hélice contre une double hélice inversée pour les Déneriens. Les Galéniens présentent sur leurs chaînes deux nucléotides de plus que les humains. Pourtant la maladie ne faisait aucune différence et frappait sans la moindre discrimination. Certains y virent la preuve que le virus était artificiel et la rumeur se répandit que des survivants piscilliens avaient lancés une attaque biologique pour se venger de la Grande Coalition. La psychose se calma lorsque les premiers tests génétiques du virus démontrèrent l’absence de marqueurs liés aux mutations in-vitro, confirmant que le virus n’avait pas été produit en laboratoire. Mais le débat pour savoir si la Variole de Kenoda était naturelle ou artificielle n’était qu'anecdotique, les gens mourraient. Tandis que le nombre des morts continuait à s'accroitre, les gouvernements planétaires prirent des mesures pour contrôler les flux de personnes et de marchandises. L'objectif : limiter les contacts entre mondes infectés et planètes épargnées. Le but était de s’isoler pour combattre la maladie. On commençait à penser que la Variole de Kenoda risquait fort de détruire la Grande Coalition. Mais certains refusèrent cet état des faits. Alors que de plus en plus de gouvernements planétaires faisaient le choix de l’isolement, le Sénat décida de suivre la voie opposée et de renforcer la cohésion et la solidarité entre les mondes de la Grande Coalition. La commission médicale du Sénat reçut des pouvoirs extraordinaires et la lourde de tâche de vaincre la maladie. Combinant les efforts d’innombrables centres de recherches, laboratoires et hôpitaux, les efforts de la Grande Coalition furent cristallisés en une implacable force de frappe unie face à la Variole de Kenoda et les scientifiques, médecins et chercheurs coalisés se mirent au travail pour trouver un remède. La débauche de moyens accordés aux laboratoires leur permit d’accélérer leurs recherches sur la maladie et au bout de deux mois le génome du virus avait été décrypté sur une souche presque originale et trois souches mutantes différentes. Pendant ce temps la commission médicale déployait des équipes de secours à travers toute la Coalition. À peine les autorités sanitaires d’une planète venaient-elles de détecter les premiers cas de maladie que déjà de puissants moyens et des médecins spécialisés étaient déployés sur site via le portail spatial. Mais si cette assistance permettait de ralentir la maladie, elle n’avait en revanche pas encore les moyens de la stopper, ne disposant pas encore d’un traitement efficace. Le salut vint d’Arkos. Six mois après le début de la crise, le département de recherche des Grands Sages parvint finalement à développer un vaccin efficace. En se basant sur le génome du virus, il était parvenu à mettre au point un ARN recombinant qui, lorsqu’il était présent dans l’organisme de la personne infectée, neutralisait la Variole de Kenoda en modifiant son code génétique et en l’empêchant d’infecter les cellules saines. Incapable de se multiplier, le virus était alors facilement détruit par l’organisme au prix d’une légère fièvre allant de quelques heures pour un Sell jusqu’à une semaine pour un Korros. Enfin armées face à la maladie, les équipes spéciales de la commission médicale commencèrent la distribution sur l’ensemble des mondes coalisés du vaccin produit massivement par les laboratoires et usines pharmaceutiques réquisitionnés à cette occasion. Les premières zones vaccinées furent les principaux centres de population, Sircona en tête, puis les planètes économiquement vitales pour la Coalition qui devaient pouvoir reprendre le plus tôt possible leurs activités et faire à nouveau circuler les produits de première nécessité et les autres marchandises. Les planètes furent ensuite classées selon leur importance, leur population et le niveau d’infection pour déterminer la priorité à donner au traitement de la population. Six mois plus tard, l’ensemble de la population coalisée avait été vacciné, et les autorités sanitaires signalaient partout une diminution drastique des nouveaux cas. Huit mois après la découverte du vaccin, le rapport hebdomadaire de la commission médicale au Sénat annonçait la fin de son mandat et la résolution de la crise. Pendant dix-sept mois, la variole de Kenoda avait frappé de plein fouet la Grande Coalition et des milliards de personnes avaient succombé à travers la galaxie. C'est en renforçant son unité que la Grande Coalition avait réussie à relever ce défi. Le rôle centraliste du Sénat, bien que loué pour son aptitude à planifier la riposte face à la maladie et son efficacité dans la coordination des équipes de santé, resta cependant sujet à controverse pour la hiérarchisation de ses efforts dans le cadre de la vaccination qui avait favorisé les planètes historiques au détriment des nouveaux centres économiques locaux et des colonies frontalières. Malgré l’insatisfaction d’une frange de la population, l’action du Sénat face à la Variole de Kenoda fut considérée par la majorité des citoyens comme un succès, ce qui fit taire la plupart des détracteurs et la vie politique coalisée se fit à nouveau un peu plus calme. Mais pour un temps seulement. http://docs.virtual-developpement.fr/max/or_genese_logo_separation.jpg Lexique Topic de discussions Add-on n°14 : Journal d'un médecin
×
×
  • Create New...