Origins Return - Forum: Notre pire ennemi - Origins Return - Forum

Aller au contenu

Page 1 sur 1
  • Vous ne pouvez pas commencer un sujet

Notre pire ennemi Saison 1, Chapitre 14

#1 L'utilisateur est hors-ligne   renedelaq Icône

  • Ex MdJ
  • PipPipPipPipPipPipPipPip
  • Groupe : Membres
  • Messages : 3 725
  • Inscrit(e) : 12-janvier 08
  • Genre:Homme
  • Localisation:Lyon et dans tes capteurs !!!
  • Univers :Orion [A4R], Sateda [F-T], u13 [-DBZ-], Midgard [-Y-]
  • MP autorisés:On

Posté 14 août 2012 - 19:34

Image IPB


~ Notre pire ennemi ~
Quand commence le déclin...


C’est au cinquante-cinquième siècle que commença à se fendiller le modèle de la Grande Coalition façonnée au cours des millénaires écoulés et approchant la perfection. C’est à cette époque que plusieurs courants de pensée commencèrent à émerger dans les milieux politiques et culturels. Les deux principaux reproches que l’on faisait à la Grande Coalition portaient sur son centralisme et son immobilisme, l’un et l’autre étant bien entendu liés.
Beaucoup estimaient que la Grande Coalition s’était mise à stagner en prenant pour exemple l’exploration spatiale qui était devenue très marginale. Le territoire coalisé ne s'était d’ailleurs presque plus étendu depuis l’époque de la guerre contre les Piscilliens, soit depuis déjà quatre siècles. Un autre exemple, qui revenait souvent, était l’absence de nouveau champ de recherche technologique tous domaines confondus. Chaque année les vaisseaux étaient plus rapides, plus massifs, et le portail spatial avait un flux plus stable qui lui permettait de rester ouvert plus longtemps, mais aucune véritable révolution, que de simples évolutions sans portée majeure. De l’avis général on ne retrouvait plus les chercheurs audacieux et novateurs du projet Terra ou ceux qui avaient donné naissance aux Grands Sages. La recherche n’était plus soutenue et, en fait, elle n’était même plus du tout encouragée.
L’autre grief était le centralisme de la Coalition, en effet les décisions politiques majeures étaient prises depuis le siège du Sénat sur Sircona, les instances locales ne gardant qu'un pouvoir législatif symbolique. On reprochait au Sénat d’étouffer l’innovation aussi bien politique, technologique que philosophique. Le sénat aime à se complaire dans sa propre inction alors que des systèmes entiers seraient prêts à relever le défi de l’aventure, de l’expansionnisme. Pour certaines personnes la Grande Coalition avait oublié son passé avant-gardiste pour devenir une administration pesante et atone. Les planètes qui étaient passées du statut de colonie à celui de centres économiques locaux représentaient un nouvel élan d’un point de vue marchand bien sûr, mais également culturel et social. Pourtant, elles restaient inféodées, bridées selon certains, par les planètes historiques qui conservaient la mainmise politique grâce à leur poids démographique et à la toute-puissance du Sénat. Certaines de ces planètes en phase de croissance proposèrent ainsi aux Grands Sages, par la voix de leurs représentants élus, d’envisager une mise à jour des lois électorales qui n’avaient pas été modifiées depuis la fondation de la Grande Coalition. Leur demande se heurta au refus des Grands Sages qui soutinrent que chaque citoyen devait avoir la même représentation qu’un autre, et donc par équité le système actuel basé sur la population des planètes plutôt que leur économie restait le seul système juste et viable. De plus en plus de gens commençaient à se sentir rejeter par le Sénat et les Grands Sages, les symboles de la Grande Coalition.

Mais en 5463 un nouveau fléau s’abattit sur la Grande Coalition. Nul ne sut avec exactitude d’où il provenait, mais on lui donna rapidement le nom de Variole de Kenoda.
En fait ce virus ne provenait pas directement de la planète Kenoda mais c’est dans le centre de recherche médical planétaire de Zarray, la capitale de Kenoda, qu’il fut identifié pour la première fois. Même si son origine reste un mystère, les chercheurs de l’époque avaient émis l’hypothèse que le virus provenait d’une colonie frontalière peu développée. Il avait probablement contaminé quelques colons avant d'être répandu dans le territoire coalisé. Son temps d’incubation de six semaines, au cours desquels le porteur n’éprouvait qu’un léger vertige et quelques nausées, lui permettait d’être largement dispersé parmi la population via les moyens de transport utilisés. Durant l’incubation, la Variole de Kenoda pouvait être transmise à l’autre bout de la galaxie, d'autant que les porteurs étaient largement contagieux. Les premières victimes périrent sans que grand monde ne s’en aperçoive. Environ trois mois après la mort du patient zéro, les autorités sanitaires prirent la mesure de l’ampleur de la pandémie. Avec un taux de mortalité atteignant les 38 %, les victimes augmentèrent de manière exponentielle et se comptèrent vite en millions, surtout lorsqu'on sait que le virus était inter-espèce.

Les six espèces qui constituaient la Grande Coalition sont on ne peut plus différentes d’un point de vue biologique. Leurs ADNs montrent ainsi des variations quasiment fondamentales. Par exemple, l’ADN des Sells a la forme d'une quadruple hélice contre une double hélice inversée pour les Déneriens. Les Galéniens présentent sur leurs chaînes deux nucléotides de plus que les humains. Pourtant la maladie ne faisait aucune différence et frappait sans la moindre discrimination. Certains y virent la preuve que le virus était artificiel et la rumeur se répandit que des survivants piscilliens avaient lancés une attaque biologique pour se venger de la Grande Coalition. La psychose se calma lorsque les premiers tests génétiques du virus démontrèrent l’absence de marqueurs liés aux mutations in-vitro, confirmant que le virus n’avait pas été produit en laboratoire. Mais le débat pour savoir si la Variole de Kenoda était naturelle ou artificielle n’était qu'anecdotique, les gens mourraient.

Tandis que le nombre des morts continuait à s'accroitre, les gouvernements planétaires prirent des mesures pour contrôler les flux de personnes et de marchandises. L'objectif : limiter les contacts entre mondes infectés et planètes épargnées. Le but était de s’isoler pour combattre la maladie. On commençait à penser que la Variole de Kenoda risquait fort de détruire la Grande Coalition.

Mais certains refusèrent cet état des faits. Alors que de plus en plus de gouvernements planétaires faisaient le choix de l’isolement, le Sénat décida de suivre la voie opposée et de renforcer la cohésion et la solidarité entre les mondes de la Grande Coalition. La commission médicale du Sénat reçut des pouvoirs extraordinaires et la lourde de tâche de vaincre la maladie. Combinant les efforts d’innombrables centres de recherches, laboratoires et hôpitaux, les efforts de la Grande Coalition furent cristallisés en une implacable force de frappe unie face à la Variole de Kenoda et les scientifiques, médecins et chercheurs coalisés se mirent au travail pour trouver un remède.

La débauche de moyens accordés aux laboratoires leur permit d’accélérer leurs recherches sur la maladie et au bout de deux mois le génome du virus avait été décrypté sur une souche presque originale et trois souches mutantes différentes. Pendant ce temps la commission médicale déployait des équipes de secours à travers toute la Coalition. À peine les autorités sanitaires d’une planète venaient-elles de détecter les premiers cas de maladie que déjà de puissants moyens et des médecins spécialisés étaient déployés sur site via le portail spatial. Mais si cette assistance permettait de ralentir la maladie, elle n’avait en revanche pas encore les moyens de la stopper, ne disposant pas encore d’un traitement efficace. Le salut vint d’Arkos. Six mois après le début de la crise, le département de recherche des Grands Sages parvint finalement à développer un vaccin efficace. En se basant sur le génome du virus, il était parvenu à mettre au point un ARN recombinant qui, lorsqu’il était présent dans l’organisme de la personne infectée, neutralisait la Variole de Kenoda en modifiant son code génétique et en l’empêchant d’infecter les cellules saines. Incapable de se multiplier, le virus était alors facilement détruit par l’organisme au prix d’une légère fièvre allant de quelques heures pour un Sell jusqu’à une semaine pour un Korros. Enfin armées face à la maladie, les équipes spéciales de la commission médicale commencèrent la distribution sur l’ensemble des mondes coalisés du vaccin produit massivement par les laboratoires et usines pharmaceutiques réquisitionnés à cette occasion. Les premières zones vaccinées furent les principaux centres de population, Sircona en tête, puis les planètes économiquement vitales pour la Coalition qui devaient pouvoir reprendre le plus tôt possible leurs activités et faire à nouveau circuler les produits de première nécessité et les autres marchandises. Les planètes furent ensuite classées selon leur importance, leur population et le niveau d’infection pour déterminer la priorité à donner au traitement de la population. Six mois plus tard, l’ensemble de la population coalisée avait été vacciné, et les autorités sanitaires signalaient partout une diminution drastique des nouveaux cas. Huit mois après la découverte du vaccin, le rapport hebdomadaire de la commission médicale au Sénat annonçait la fin de son mandat et la résolution de la crise.

Pendant dix-sept mois, la variole de Kenoda avait frappé de plein fouet la Grande Coalition et des milliards de personnes avaient succombé à travers la galaxie. C'est en renforçant son unité que la Grande Coalition avait réussie à relever ce défi. Le rôle centraliste du Sénat, bien que loué pour son aptitude à planifier la riposte face à la maladie et son efficacité dans la coordination des équipes de santé, resta cependant sujet à controverse pour la hiérarchisation de ses efforts dans le cadre de la vaccination qui avait favorisé les planètes historiques au détriment des nouveaux centres économiques locaux et des colonies frontalières. Malgré l’insatisfaction d’une frange de la population, l’action du Sénat face à la Variole de Kenoda fut considérée par la majorité des citoyens comme un succès, ce qui fit taire la plupart des détracteurs et la vie politique coalisée se fit à nouveau un peu plus calme. Mais pour un temps seulement.


Image IPB
Lexique
Topic de discussions
Add-on n°14 : Journal d'un médecin

Posted Image

RPiste - Historien d'Origins Return
"Les mots sont les passants mystérieux de l'âme"
Victor Hugo, Les contemplations


MP on - Avec modération

Page 1 sur 1
  • Vous ne pouvez pas commencer un sujet

1 utilisateur(s) en train de lire ce sujet
0 members, 1 guests, 0 anonymous users